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Bandol : la Fête du millésime

Messagepar JP Nieudan » Dim 30 Nov 2008 08:55

Petit port de la Côte d'Azur à quelques encablures de Toulon, Bandol a donné son nom à l'appellation la plus prestigieuse de Provence et abrite tous les premiers dimanches de décembre la Fête du millésime.

Construit par les Phéniciens il y a vingt-six siècles, le vignoble de l'arc méditerranéen est le plus vieux de France, bien avant que la légion romaine parsème la France de vignes, avec l'efficacité qu'on lui connaît. Les exportations se faisaient par bateau et le port jouait un rôle essentiel. Les vins ont très naturellement pris le nom du port d'embarquement, tout comme Bordeaux dénommait tous les vins de la Gironde qui embarquaient dans son port.

La chronique locale retient que, en 1846, 9 600 tonneaux étaient embarqués dans le port, ce qui est considérable, ces tonneaux étant fabriqués par une centaine de tonnelleries locales. L'âge d'or prend brutalement fin avec l'arrivée du phylloxéra, qui décime le vignoble à partir de 1870. Le vignoble est certes rapidement reconstitué, mais avec des cépages à forts rendements tels que l'aramon et le carignan.

Il a fallu attendre les années 1930 pour qu'une poignée de vignerons, menés par Lucien Peyraud du domaine Tempier, redonne sa place au mourvèdre, le grand cépage local. L'appellation contrôlée est accordée en 1941, en délimitant l'aire de production, limitant le rendement à 40 hl/ha sans dépassement possible et en imposant qu'une vigne ne peut produire du bandol qu'au bout de sept ans. La pilule est dure à avaler, mais elle marque le début de l'ère moderne.

Surplombant la mer, l'appellation «bandol » est un écrin inséré dans un amphithéâtre de montagnes, ce qui donne une géologie très complexe liée au soulèvement alpin qui a conduit à une surrection puis un affaissement de l'axe Pyrénées-Provence. Elle couvre aujourd'hui huit communes et 1 500 ha.

Une élégance insoupçonnée

Si même les géologues ont du mal à s'y retrouver, les amateurs se délectent des différences entre les propriétés. «Notre sol très calcaire, provenant du trias, est la clef de l'élégance de notre vin», avoue Éric de Saint Victor, l'heureux propriétaire de château Pibarnon. Le vin doit être vraiment magique puisque ses parents, Henri et Catherine, avaient acheté la propriété quasiment à l'abandon, après avoir dégusté le 1975 dans un restaurant local. Dégustateurs avertis mais ne connaissant rien à l'élaboration du vin, ils ont appris sur le tas. En moins de vingt ans, ils en ont fait le plus grand vin de Provence et l'équivalent d'un grand cru classé de Bordeaux.

Pourtant, être producteur à Bandol n'est pas une sinécure. Il faut arriver à amadouer un rude gaillard, le cépage mourvèdre. Trop compliqué, ce cépage tannique et acide n'a été pendant longtemps qu'un vin médecin permettant de remonter des cuvées un peu faibles et il a été escorté par le cinsault, le grenache et même le carignan. On le disait autrefois originaire d'Espagne où il porte le nom de tamaro, mais l'analyse ADN a battu cette hypothèse en brèche. Pour prospérer, il a besoin de deux conditions contradictoires, du soleil et de l'humidité, ces conditions étant justement réunies à Bandol.

Bien mené, sur les grands terroirs de Bandol, il prend une élégance qu'on ne soupçonnait pas et non seulement il vieillit à merveille, mais il a besoin de vieillir, ce qui n'est pas une donnée de notre époque. Les traditionalistes comme château Pradeaux considèrent qu'il faut donner du temps au temps et patienter une quinzaine d'années. Les plus réalistes, comme Agnès Henry-Hocquard à la Tour du Bon, poussent les maturités et l'élèvent en fûts : «C'est vrai que j'aime que mon mourvèdre soit bien mûr !» Ce qui n'empêche pas le vin de bien évoluer en bouteille.

Des vins de longue garde

En dehors de ses célèbres rouges, Bandol produit des rosés et des blancs. Si les blancs sont ­anecdotiques, les rosés, qui représentent une part notable de l'appellation, ont une véritable personnalité. Comme ils se vendent sans difficulté aux touristes de passage, ils permettent de financer l'élaboration des grands rouges.

Pour maintenir l'attention sur ces vins de longue garde, les producteurs organisent chaque année la Fête du millésime qui a lieu le premier dimanche de décembre. Où ? Dans le fameux port de ­Bandol, qui est devenu bien ­paisible. Au son des trompettes romaines, ils prélèveront les échantillons des Longues Gardes et le public pourra lui-même en juger les aptitudes au vieillissement. Sur ce même port, jadis, les barriques marquées du fameux B de l'appellation partaient à la conquête du monde.

• 27e Fête du millésime, le dimanche 7 décembre 2008, sur le port de Bandol. Ouverture de 10 heures à 16 heures. Droit d'accès : 4 € par personne munie de son verre de dégustation du millésime (4 € le verre). Les tickets se vendent à l'entrée de l'œnothèque.

Source : Bernard Burtschy http://www.lefigaro.fr
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Re: Bandol : la Fête du millésime

Messagepar Hamitan » Dim 21 DĂ©c 2008 15:28

Bien Ă©trange avis que celui d'Ă©lever Pibarnon comme plus grand vin de Provence.
Ou encore de voir dans la production de rosés un moyen de financer les rouges : assurément pas partout !

Cordialement,
Hamitan
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Re: Bandol : la Fête du millésime

Messagepar milleret jean luc » Dim 21 DĂ©c 2008 17:17

""Bien Ă©trange avis que celui d'Ă©lever Pibarnon comme plus grand vin de Provence."""

Sur un millésime comme 90 , nous ne devons pas être bien loin de la réalité !! Même si je reconnais que ce n'est plus le cas sur les derniers millésimes . A Bandol , j'ai une petite préférence pour Gaussen .
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Re: Bandol : la Fête du millésime

Messagepar milleret jean luc » Sam 10 Nov 2018 00:19

Mon petit préféré a confirmé sa grande classe ...Gaussen Longue Garde 2001 .
J'avais dégusté ce vin lors d'un salon de la Cugnette à Bron ( 69 ) le plus beau vin de la journée . Quelques années plus tard je décide de présenter ce vin lors de notre soirée sur les vins Bandol .
Robe sombre avec la marque d'évolution assez marquée , un joli nez dès l'ouverture avec quelques notes de réduction sur la fourrure mais très vite les notes de cacao , les épices font une petite apparition , quelques notes de cerises kirschées ou plutôt celles de la confiture de vieux garçons mais pas d'alcool prédominant , des notes de cuir et derrière le fruit est encore bien présent ..c'est remarquable . Le vin possède une résistance exceptionnelle à l'aération , le l'ai dégusté sur trois jours . En bouche , le vin s'est également amélioré ...une très légère sucrosité contrebalancée par une belle acidité et la présence de magnifiques tanins , on ne se prive pas de saliver . Ce vin a été encore plus mis en valeur sur le plat de notre jeune chef ( pièce Viande boeuf Wagyu ) . Un vin qui possède encore un joli potentiel mais je préfère ne plus l'attendre tant le plaisir est immense actuellement .Servir de préférence assez frais et surtout de bien prendre son temps ( aérer le vin ) pour pouvoir profiter de cette superbe bouteille ...et je n'ai pas évoqué le prix ( de l'ordre de 20 e lors de l'achat ) . On trouve encore des millésimes anciens au domaine pour un prix remarquable ...
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Re: Bandol : la Fête du millésime

Messagepar Thierry Debaisieux » Sam 10 Nov 2018 08:24

Bonjour Jean-Luc.

Tu écrivais en 2006 avoir payé 22 € la bouteille ;)
Je n'ai pas goûté le 2001 mais je garde un très bon souvenir du 1998.

Amitiés,
Bien cordialement,
Thierry Debaisieux
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