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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mar 17 Avr 2018 11:54

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La crainte d’une forte pression de mildiou
Dans le bordelais, les conditions humides ont favorisé une maturation précoce des oeufs d’hiver de mildiou. Mais dans la plupart des parcelles, la vigne n’est pas encore réceptive aux contaminations. Les techniciens demandent néanmoins aux viticulteurs d’être vigilants et de bien surveiller les stades de la vigne




Les viticulteurs sont dans les starting block. Dans le Bordelais, les conditions hivernales et printanières humides ont accéléré la maturation des œufs d’hiver de mildiou. « Le modèle Movida nous indique qu’ils sont mûrs et que potentiellement, il y a eu les premières projections pré-épidémiques. Mais à ce jour, la vigne n’est pas encore réceptive exceptée dans les parcelles les plus précoces qui atteignent « deux feuilles étalées ». Dans ces dernières les vignerons pensent démarrer la protection la semaine prochaine contre l’excoriose car les conditions pluvieuses sont aussi très favorables à ce parasite. Ils en profiteront pour démarrer aussi la protection contre le mildiou en optant pour un produit efficace contre les deux maladies », explique Eric Capredon, chez Euralis, un distributeur de la région. Ces parcelles très avancées étaient au 12 avril, peu nombreuses. Mais avec les températures qui augmentent, le développement des stades va s’accélérer. Les techniciens appellent donc les viticulteurs à être vigilants et à bien surveiller leurs vignes surtout si les conditions humides se poursuivent. « Les viticulteurs devraient démarrer la protection contre le mildiou avant la fin du mois », indique Eric Capredon qui s’attend à une forte pression si les conditions climatiques actuelles se poursuivent. « Le top départ des traitements va être important », insiste-t-il.

Une année à fort potentiel mildiou

Dans le vignoble de Cognac, Magdalena Girard, de la chambre d’agriculture de Charente-Maritime craint également une forte pression du mildiou. « Les premiers indicateurs nous indiquent qu’on se dirige vers une année à fort potentiel. Le temps est favorable à la maturation des œufs d’hiver. Tous les modèles indiquent un fort risque », explique-t-elle. A ce jour, dans le vignoble Charentais, les œufs n’étaient pas encore mûrs et la vigne non réceptive. Le risque de contamination était donc nul. Les techniciens restaient néanmoins attentifs. « On va voir comment les choses évoluent », précise Magdalena Girard.

Début des traitements dans l'Hérault

Dans l’Hérault, les conditions climatiques étaient également favorables au développement des parasites. Et les traitements phytosanitaires contre le mildiou et l’oïdium avaient démarré, notamment dans les parcelles conduites en bio. « On a pris 450 mm d’eau depuis le début de l’année et les vignes sont à deux feuilles étalées», justifie Jean-Louis Cousinié des Etablissements Touchat.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Jeu 19 Avr 2018 12:01

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Philippe Pascal, domaine du Cellier aux Moines (Givry) : « Nous avons mis dix ans pour comprendre le terroir ».
Philippe Pascal, ancien cadre du groupe LVMH et propriétaire du domaine du Cellier aux Moines depuis 2004 revient sur une étonnante carrière. Un parcours où il a été notamment négociant à Bordeaux, à la tête de quelques-unes des plus prestigieuses maisons champenoises ou encore proche conseiller de Bernard Arnault. Il a trouvé à Givry matière à nourrir une « troisième vie ».






Vous êtes passé par Bordeaux, la Champagne pour finalement vous installer en Bourgogne. Pourquoi ce choix ?
D’abord parce que ma femme est bourguignonne mais aussi parce que j’ai fait mes études d’agronomie à Dijon (Ndlr : ENITA en 1977). La vie étant un cercle, c’était un retour aux sources.


Auriez-vous pu imaginer vous installer dans une autre région ?
Non. Ce qui m’attirait c’est la complexité et la diversité de la Bourgogne. Pour des raisons de recherche de racines, d’origines, mais aussi par curiosité intellectuelle. Aller se frotter à cette complexité et cette diversité nous offraient, moi et ma femme, l’opportunité de vivre un rêve que nous avions depuis 30 ans. Nous nous étions promis de revenir en Bourgogne tout ce temps où nous avons roulé notre bosse sous différentes latitudes .


Comment s’est fait pour vous la découverte du vin ? Par votre famille ?
J’ai grandi à Saint-Chamond (Loire) et ma famille a fait faillite dans le textile. Lors de mes études à Dijon, j’ai rencontré énormément de vignerons de la Côte de Beaune et de la Côte de Nuits. Des amis de mon beau-père, de mon épouse, m’ont également initié à la dégustation. Après avoir fait de l’agronomie tropicale (Ndlr : coopération militaire en Guinée Bissau), je me suis rapproché du vignoble en faisant de la promotion des vins français aux Etats-Unis. De 1980 à 1989, j’ai défendu les couleurs des vins français aux Etats-Unis à une période où ils étaient en pleine essor. J’ai organisé le premier concours du meilleur sommelier en vins de France aux Etats-Unis en 1981-82. Je me souviens du premier Vinexpo : nous avons mis, dans un Concorde, les meilleurs distributeurs américains avec Marvin Shanken (Ndlr : fondateur du magazine Wine Spectator) pour leur faire découvrir l’évènement. Les Américains, le groupe Seagram, avec qui je m’entendais bien m’ont un jour fait un appel du pied pour que j’occupe de Barton & Guestier à Bordeaux, puis de Mumm et Perrier-Jouët en Champagne.


Donc une connaissance approfondie de beaucoup de vignobles français...
... Et des amateurs. C’est une chose d’être convaincu de la beauté d’un terroir, voire de sa supériorité, c’en est une autre de comprendre, d’apprécier les attentes de gens du monde entier. C’est la beauté de ce métier : 20 ans de ma carrière ont été construits avec des gens de cultures différentes, des Américains, des Asiatiques, des Européens de l’Est ou encore des Japonais qui ont une culture du beau ou du bon extraordinaire. Faire la synthèse d’une complexité, d’une offre excessivement grisante et en même temps pouvoir comprendre les attentes de clients du monde entier qui aspirent à cette beauté, prêts à apprendre des choses complexes et diversifiées, c’est magnifique. J’ai eu la chance d’avoir fait les deux. Je vais au Japon prochainement avec au programme trois ou quatre jours de business, le reste ce sera des visites culturelles. Ce métier du vin ouvre des portes extraordinaires à la confluence des cultures.


N’est-ce pas un reproche que l’on peu faire à la Bourgogne : ne pas être assez ouverte à ces aspirations venues de l’extérieur ?
Je crois qu’un certain nombre de vignerons et de négociants bourguignons sont à l’écoute, en demande. Le plus dangereux et le plus regrettable, c’est d’être sûr de détenir la vérité. On détient la vérité de nos terroirs mais on ne détient pas celle de la qualité absolue. Cela n’existe pas. On est dans des métiers de perception et de subjectivité. Il faut très bien faire à partir de ce qu’on a, c’est-à-dire de nos terroirs, mais comprendre que ce qui est merveilleux dans nos métiers, c’est de pouvoir parler à des sommeliers, des journalistes japonais, brésiliens, etc., être à l’écoute de leur perception et de les convaincre. Mais pour les convaincre, encore faut-il être à l’écoute, apprécier leur culture, leur différence, leur gastronomie. Cela passe aussi par la gastronomie bien-sûr. C’est extraordinaire de travailler avec des cuisiniers japonais et de voir comment un champagne se marie avec leur cuisine...


Vous rachetez le Clos du Cellier aux Moines à Givry en 2004. Vous commencez une longue restauration et une nouvelle aventure. Pourquoi cet endroit, cette appellation ?
J’ai quitté Moët-Hennesy en 2001, pour m’occuper d’un autre secteur de LVMH, l’horlogerie et la joaillerie. Intellectuellement, cela me permettait d’être plus libre pour envisager de mettre un pied ici en Bourgogne. Nous étions à la recherche d’un déclic : la quadrature entre un grand terroir, une histoire et un lieu où nous aurions envie de vivre en se projetant sur ce qui serait pour moi une troisième vie, la retraite. Tout cela a pris du temps. On a su que le Cellier aux Moines était à vendre. En le visitant - il n’était pas en très bon état - on s’est dit instantanément qu’il y avait là une « mission », un terroir potentiellement fantastique, un lieu chargé d’histoire, de spiritualité, qui méritait qu’on s’en occupe. C’était un vrai coup de cœur.


Comment s’est passé l’accueil dans le village ?
Je garde le souvenir, plutôt bon, d’un examen de passage avec les représentants de l’appellation et la Safer (Ndlr : Société d'aménagement foncier et d'établissement rural). Nous avons présenté notre projet. Cela faisait longtemps que je n’avais pas passé un examen ! En relisant notre projet, dix ans après, je me suis dis que je n’en changerais pas un mot. On a dit ce qu’on ferait et on a fait ce qu’on avait dit. Je ne suis pas le mieux placé pour en parler mais j’ai le sentiment que cela a été apprécié au sein de Givry.


« J’étais, parait-il, le faux nez de Bernard Arnault »


Vous n’avez pas senti de défiance particulière. Un investisseur qui vient dans le village...
Si. Il y a ce que j’ai entendu - j’étais parait-il le faux nez de Bernard Arnault - et ce que je n’ai peut-être pas entendu... Nos voisins, avec qui j’ai toujours pris le temps de parler, de regarder ce qu’ils faisaient, de demander des avis, ont trouvé, je crois, que ce que nous avons avait fait pour Givry était pas mal. Je me suis inspiré de ce que faisaient certains avec beaucoup de respect.


Vous citeriez des noms ?
De par la proximité du Clos, j’ai regardé ce que faisaient mes amis Joblot, les frères Lumpp pour ne citer qu’eux. Il y a beaucoup de gens qui font de très belles choses à Givry.


Quelles étaient vos priorités après cette reprise ?
Comprendre le terroir. Je pensais qu’on allait le comprendre plus rapidement. Nous avons mis dix ans pour arriver à une démarche parcellaire rigoureuse. Nous souhaitions familialement passer au bio, à la biodynamie. Là-aussi il a fallu une petite dizaine d’années, même si les herbicides ont été stoppés tout de suite, pour passer à une viticulture extrêmement raisonnée. Avec l’arrivée de Guillaume Marko en 2015, nous avons su que nous pouvions mettre la bio en place de façon rigoureuse et convaincue. Je suis persuadé maintenant avec un peu de recul que c’est un acte d’amélioration fondamental. Nous sommes beaucoup plus attentifs à ce qui se passe dans la vigne et dans nos sols. La première certification est prévue pour 2019.


Vous avez travaillé longuement chez LVMH (25 ans). Il est beaucoup question de luxe en Bourgogne ces derniers temps. Pensez-vous que certains vins sont devenus des produits de luxe ?
Le luxe est un mot qui a été galvaudé. L’origine sémantique, c’est la lumière. En terme de philosophie, c’est le bien faire ou le très bien faire. Une connotation très artisanale, respectueuse, perfectionniste que l’on peut retrouver dans tous les métiers. Ce n’est pas le bling-bling, la pub, non. Chez LVMH, j’ai vécu le rachat de Krug, Yquem ou encore Cheval Blanc. Je pense que ces maisons, ces marques continuent à progresser, à vivre leur vie au sein de leurs appellations où, il me semble, elles ont des rôles moteur. Un investisseur qui n’a que faire de l’excellence et de la progression de la qualité peut faire beaucoup de mal. Un investisseur dont le métier de base c‘est l’excellence dans différents métiers a, je pense, à cœur de comprendre les mécanismes, les subtilités, la diversité des terroirs qui font que l’on pourra produire quelquechose d’excellent.


Quand vous avez appris que Bernard Arnault reprenait le Clos des Lambrays, quelle a été votre réaction ?
J’ai dit enfin !


Et quand François Pinault reprend son voisin, le Clos de Tart ?
Je dis tant mieux. Je parle de gens et de familles, que je connais assez bien, qui ont une vraie culture de l’excellence, une vision à long terme. Je conçois que cela ait des effets collatéraux sur la valorisation des terres, etc. Mais je préfère cela à des investisseurs qui ont une vision purement spéculative, qui veulent faire une culbute, une opération foncière. Ce n’est pas le cas des investisseurs dont on parle, même s’ils avaient envie de s’offrir de très beaux « trophées » bourguignons. J’aurais été plus inquiet si d’autres investisseurs en dehors du vin avaient mis la main sur ces Clos pour s’en désintéresser au bout de dix ans, parce que ce n’est pas dans leur culture.


Les prix de vos vins sont relativement élevés. Comment les avez-vous fixés ?
Je différencierai Côte Chalonnaise et Côte de Beaune. Sur Chassagne et Puligny, je ne suis pas sûr que l’on soit à côté du marché. Nous sommes dedans et même pas très élevés. Mon parti pris sur la Côte chalonnaise, c’est que je pense que ces terroirs rivalisent avec ceux de la Côte de Beaune et de la Côte de Nuits. Après, il y a le travail que l’on y met. Je ne suis pas dans une démarche de profitabilité, je suis dans une démarche d’excellence. Je veux que l’on produise des vins superbes. Je sais que nos coûts d’exploitation ont augmenté avec le passage au bio et la biodynamie, nos rendements sont relativement faibles. Je veux que nos vins soient appréciés par une clientèle exigeante. Il vaut mieux s’engager dans cette voie, quite à être cher... J’espère que dans le temps nous susciterons des vocations et que les « grands premiers crus » de la Côte chalonnaise pourront se permettre de mieux rémunérer le travail accompli. Ce n’est pas mon ambition de sortir un grand cru mais sortir un grand vin, oui. Il faut aller chercher dans les tripes de ces terroirs. Assembler des premiers crus en Côte Chalonnaise, c’est une ineptie. Cela veut dire qu’on ne les a pas compris, ou qu’ils ne valent pas le coup.


Il y a le terroir et le matériel végétal. Comment avez-vous abordé cette problématique ?
On s’est rendu compte qu’un certain nombre de plantations des années 1970, donnant de gros raisins, étaient peu adaptées à l’excellence. Un ami vigneron de Givry m’a dit : tu verras, tu finiras par tout arracher. Nous n’avons pas tout arraché... Mais oui, le matériel végétal est déterminant. Il faut trouver ces pinots fins, voir très fins. Nous avons beaucoup travaillé avec un pépiniériste.


Que retenez-vous de vos expériences bordelaises, champenoises, etc. ?
A Bordeaux, dans les années 1990, j’étais négociant. J’ai fermé notre bureau à Beaune car je me suis dis que jamais nous n’arriverions à acheter les bons bourgognes... J’ai appris à Bordeaux qu’il fallait se recentrer sur sa région. En Champagne, j’ai eu la chance d’être le patron de Veuve Clicquot pendant 10 ans, de participer au rachat de Krug, puis d’être patron de Moët-Hennessy. En Champagne, les maisons ont des contacts avec de nombreux vignerons, doivent gérer leurs propres vignes. C’est une gestion lourde en amont. Et de l’autre côté il y a l’impératif de faire des cuvées avec des personnalités bien marquées, sur la durée, et donner du sens aux marques. Cela a été un travail passionnant de développer des marques avec des « ADN » différents, et ce à assez large échelle.


La Bourgogne peut-elle s’inspirer de ce qui se fait dans ces grandes régions ?
Les vignobles ont tous leurs particularismes. En Champagne, l’équilibre entre les maisons, les marques, la production est assez subtil, exemplaire même. On y fait des assemblages de millésimes. Ces régions ont des « recettes » gagnantes différentes mais où que l’on soit, et même si la finalité n’est pas la même, l’équation passe par un meilleur travail dans la vigne. La grande prise de conscience, c’est que tout part de la vigne, que ce soit pour faire un grand cru classé de Bordeaux, une grande marque de Champagne ou un vin de Bourgogne. Le mouvement de fond est le même.


Comme président de la Fédération des Exportateurs de Vins & Spiritueux de France (de 1996 à 1999), vous avez également participé au « Wine Accord » entre l’Europe et les USA. Avez-vous des inquiétudes par rapport à un retour possible du protectionnisme ?
Il y a toujours une actualité politique internationale un peu « excitée », c’est dans la nature humaine. Pour avoir travaillé avec nos partenaires européens et américains, au moment du Wine Accord, j’en retiens qu’il existe une vraie communauté des acteurs du vin. Quand on parle avec des gens du monde du vin, les convergences sont évidentes. Les vignerons, les négociants, ne sont pas dans un état d’esprit protectionniste et frileux. Au contraire, ce sont des catalyseurs de communication, des porteurs d’ouvertures. Les rapports étaient durs avec les Américains mais grâce aux réunions que l’on a eues, nous sommes arrivés à nous entendre. Les excitations de tel ou tel leader autour des agendas électoraux malheureusement nous échappent. C’est comme ça. Par contre, je suis plus inquiet quand une nouvelle ministre de la santé agite à nouveau l’épouvantail du vin pour des raisons dogmatiques...



Philippe Pascal en 9 dates

25 septembre 1954 : Naissance à Saint Chamond (Loire).
1977: Diplômé d’Agrosup - ENITA Dijon, coopération militaire en Guinée Bissau.
1981 : Directeur marketing vins & spiritueux de Sopexa Amérique du Nord, directeur du bureau de New York, puis président de Sopexa Amérique du Nord de 1986 à 1989.
1990 : Directeur général de Barton & Guestier (Bordeaux) propriété du groupe Seagram, alors leader mondial des vins et spiritueux puis directeur général des champagnes Mumm et Perrier-Jouët.
1994 : Rejoint le groupe LVMH comme président directeur général de Veuve Clicquot puis développe un portefeuille de vins du Nouveau Monde (Cloudy Bay, Cape Mentelle , Newton...), et réalise l’acquisition du Champagne Krug. Parallèlement de 1996 à 1999, il préside la Fédération des Exportateurs de Vins & Spiriteux de France.
2000 : Président directeur général de Moët-Hennessy.
2004 : Reprise du Domaine du Cellier aux Moines (Givry) à titre personnel.
2001 : Crée la division Montres & Joaillerie de LVMH.
2012 : Quitte LVMH et s’installe en Bourgogne.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mar 24 Avr 2018 07:11

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Banyuls-Collioure : tango gagnant
Sur la Côte Vermeille, Banyuls et Collioure jouent les alpinistes à la verticale de la mer. Sur les pentes abruptes de schistes, des vignerons aux mollets d’acier mènent un tango magistral entre deux AOC, les banyuls (vins doux naturels) et les collioures (vins secs). Un tango où les collioures donnent désormais le tempo.




« C’est la Côte Rôtie du Roussillon », aime comparer Vincent Parcé, vigneron au domaine Augustin créé en 2015, pour aborder les problématiques de production de Banyuls-Collioure, situé à l’extrémité orientale des Pyrénées, sur les dernières communes du littoral avant l’Espagne. Entièrement en coteaux, ce vignoble où la pente culmine à plus de 50% a été gagné sur la roche-mère formée par des schistes, donnant un patchwork de parcelles organisées en terrasses étroites. La mécanisation y est impossible (comme le vignoble de Savoie, la Côte Rôtie, etc.), les rendements faibles (entre 25 et 30 hl) dans cette région touchée par la sécheresse, mais ce n’est pas la seule singularité de ces terroirs qui bénéficient d’une pratique ancestrale réglementée depuis 2011 par l’INAO : la double affectation parcellaire. Elle permet aux vignerons de produire, sur une même parcelle, des vins doux naturels (AOP Banyuls obtenue en 1936) et des vins secs (AOP Collioure rouges, blancs, rosés) autour du cépage roi, le grenache.

Les VDN en net recul

34 producteurs et trois caves coopératives occupent ce royaume micro-parcellaire de 589 hectares pour une production de 17 402 hl largement tirée par les coopératives. Depuis une décennie pourtant, ces caves doivent composer avec la baisse inexorable des volumes de banyuls traditionnels, des vins dont le principe d’élaboration est le mutage à l’alcool vinique en cours de fermentation. Si les vins oxydatifs restent l’âme de Banyuls, les volumes sont passés de 50 000 hl en 1970 à 29 000 hl en 2016, les collioures occupant désormais 60% de la production du cru. « La production s’oriente petit à petit vers les vins secs, les caves particulières produisant aujourd’hui majoritairement des AOP Collioure rouges, blancs et rosés et à la marge, des vins doux Rimage (des Banyuls élevés en milieu réducteur, NDLR) privilégiant le croquant du fruit, plus en phase avec les attentes des jeunes consommateurs », observe Georges Roques, président du cru et président de Terres des Templiers, puissante structure coopérative qui assure la production des trois quarts de l’appellation.

Un capital de fraîcheur

Au-delà des problématiques économiques, la montée en force des collioures s’explique par la redécouverte du potentiel fraîcheur des vins blancs secs dont la réputation avait traversé l’Atlantique, déjà au XIXe siècle. Ceux-ci bénéficient d’une AOC depuis 2003, après les rouges (AOC obtenue en 1971) et les rosés (1991). « On avait ces terroirs sous la main mais on n’avait pas l’expérience de ce qu’ils pouvaient donner, relate Georges Roque. Notre travail a été de démontrer qu’on pouvait faire des vins blancs de haute tenue avec nos vieilles vignes de Grenache gris. »

Nouvelle génération

Depuis, le terroir Banyuls-Collioure a vu naître une nouvelle garde de jeunes vignerons souhaitant revendiquer une autre image : celle de terroirs frais aptes à produire des vins secs élégants, sur la finesse. Une génération qui veut faire bouger les lignes en réhabilitant l’image des Collioure, longtemps réputés être des vins solaires. « Si on fait le choix de faire autant de collioures, c’est parce qu’on veut dire : regardez, nos terroirs sont frais, on peut faire des vins élégants dans le sud de la France et on va le prouver ! », insiste Vincent Parcé. À 36 ans, ce vigneron est à la tête avec ses frères Augustin et Martin, de trois domaines créés entre Collioure et Maury à partir de 2015. Le domaine Augustin réunit 7,5 ha sur l’appellation, majoritairement des vieilles vignes de grenache complantées héritées de père de cette fratrie dynamique, Marc Parcé. La production est exclusivement dédiée aux AOP Collioure.

Aux côtés des Parcé, une nébuleuse de jeunes vignerons s’organise : Romuald Perrone, repreneur du Clos Saint-Sébastien et vice-président du cru ; Élise Gaillard dont le domaine de Madeloc a été reconstruit en 2002 par son père Pierre Gaillard (spécialiste des vignobles de pentes et pionnier de la rive droite du Rhône), ou Florian Questeloot, installé depuis 2016 au domaine Mas Siempre Mas. « Ce n’est pas l’appellation qui va nous porter, ce n’est pas le foncier, nous seuls sommes aptes à créer de la valeur en a jouant collectif », insiste Romuald Perrone. Un appel qui porte ses fruits : parmi les 180 médailles d’or décernées lors du dernier concours Grenaches du Monde, 45 médailles ont été attribuées à des vins du Roussillon… et quatre médailles d’or attribuées à l’AOP Collioure pour les cuvées Adeodat rouge 2015 et blanc 2016 du domaine Augustin, et les rouges Clos 2016 et Céleste 2016 du domaine Saint-Sébastien.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mar 24 Avr 2018 07:18

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La chaptalisation du château Giscours de retour aux tribunaux
Reconnue par le syndicat viticole, une bourde sur la communication de l’enrichissement 2016 conduit le troisième cru classé de Margaux à être poursuivi en correctionnelle. Un concours de circonstances emblématique d’un système administratif à bout de souffle.




« On assume l’erreur commise, mais sans intention de fraude. On a tout essayé afin de pouvoir s’expliquer auprès de l’administration, mais j’ai l’impression que la décision de nous amener devant le tribunal était déjà prise » soupire Alexander Van Beek, le directeur général du château Giscours (troisième cru classé en 1855 de Margaux). Ce 14 juin, il comparaît devant la chambre correctionnelle du tribunal de Bordeaux avec son directeur technique et la société d’exploitation, l’administration leur reprochant la chaptalisation frauduleuse d’un lot de vin. Lors d’un contrôle en octobre 2016, la brigade spécialisée dans le vin de la répression des fraudes (Direccte) a en effet démontré qu’un lot de merlot tout juste vendangé avait été chaptalisé. Alors que le décret préfectoral du 11 octobre 2016 excluait ce cépage des autorisations d’enrichissement de l’appellation Margaux sur ce millésime. En conséquence, 397 hectolitres de vin d’appellation Margaux ont été bloqués, soit l’équivalent de 53 000 bouteilles a révélé le Sud-Ouest.

« Il ne s’agit pas d’une cuve de merlot, mais d’une cuve de jeunes vignes de cabernet sauvignon dont un reliquat est constitué de merlot (représentant 20 % du volume) » précise d’emblée Alexander Van Beek, qui martèle sa ligne de défense : « c’est une erreur de communication qui a conduit à ce concours de circonstances. Il n’y avait pas de volonté de qui que ce soit de frauder. »
Estimant avoir suivi la procédure, la propriété a en effet demandé à son syndicat viticole l’autorisation de chaptaliser. Le décret préfectoral tardant, l’Organisme de Défense et de Gestion (ODG) a sollicité l’Institut National de l’Origine et de la Qualité (INAO), qui l’a assuré sur la possibilité de chaptaliser. Annonçant le 10 octobre à 14h32 qu’il était possible de chaptaliser, le syndicat viticole s’est aperçu qu’il n’avait pas précisé à quels cépages cela s’appliquait. Et a renvoyé un message rectificatif à 15h13 ce même jour, alertant sur l’interdiction de chaptaliser pour le merlot*. Mais en quarante minutes, le maître de chai impatient de cette autorisation avait déjà réalisé la chaptalisation sur la cuve en question. Conduisant l’ensemble du lot à être considéré comme frauduleux.

"Ampleur disproportionnée"

Cette explication d’un dysfonctionnement dans la chaîne de communication est officiellement soutenue par l’ODG Margaux. Comme le détaille son président, Gonzague Lurton : « Une simple erreur administrative prend une ampleur disproportionnée. Le blocage de cet enrichissement anormal n’apporte rien en termes de protection du consommateur. Et il n’y a pas de déficit de qualité œnologique… »

« En cette période de vinifications, on ne peut pas se permettre d’attendre longtemps » renchérit Alexander van Beek. Sachant que, pour complexifier la situation, que l’ensemble des autres appellations girondines ont obtenu l’autorisation de chaptalisation pour le merlot en 2016. Dont l’AOC Haut-Médoc, où se trouve le château de Tertre, qui est également suivi par les équipes techniques de Giscours (les deux propriétés appartenant à l’homme d’affaires néerlandais Eric Albada Jelgersma).

Précédents

Si les services de la Direccte n’ont pas répondu aux sollicitations de Vitisphere, on peut estimer que le passif du château Giscours dans les années 1990-2000 a pu jouer dans leur intransigeance. Ses vins avaient alors été poursuivis, et condamnés, pour utilisation illégale de copeaux de chêne, pour ajout d’acide tartrique, pour chaptalisation illicite, pour désodorisation au lait, pour inversion d’appellations et de millésimes. « Il n’y a pas de corrélation avec cette époque. La société d’exploitation n’a jamais été mise en cause, il s’agissait de pratiques de l’ancienne direction » balaie Alexander Van Beek, pour qui le dossier est emblématique d’une trop grande complexité administrative.

« Le circuit d’autorisation d’enrichissement est long et se fait toujours au dernier moment. Quand les vendanges sont en cours et que la nervosité est là… C’est la problématique d’une zone où l’enrichissement reste théoriquement exceptionnel » conclut dans un regret Gonzague Lurton.


* : Disposition confirmée par l'arrêté préfectoral, signé le lendemain, le 11 octobre 2016, mais communiqué le 12 octobre seulement par l'INAO.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mer 25 Avr 2018 11:51

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Domaine Mamaruta : « j’ai converti le vignoble en Bio et je suis parti sur des vinifications naturelles »
Marc Castan est le vigneron du domaine Mamaruta, sur les communes de La Palme et de Leucate, dans le Languedoc Roussillon. Il a récupéré les 14 Ha de vignes de son grand-père. «J’ai continué de travailler pendant 7 ans dans la cave coopérative où il était. En 2008, j’ai quitté la cave pour faire mes premiers millésimes en 2009 », raconte Marc. Le départ de la cave coopérative est l’occasion d’un nouveau départ et d’un nouvel horizon. Pour Marc, c’est l’accès à la liberté : « Le métier de vigneron me donne la liberté de faire ce que je veux quand je veux. »





« Plus on avance, plus les vins deviennent élégants et minéraux », souligne Marc Castan

« J’ai travaillé pendant 7 ans avec de la chimie. Jusqu’à en avoir vraiment marre », se rappelle Marc. « J’ai franchi le pas en 2008, en quittant la cave coopérative, j’ai converti le vignoble en Bio et je suis parti sur des vinifications naturelles ». Un gros changement pour le jeune vigneron qui n’arrivait plus à se retrouver dans le milieu de la coopération. En partant, il retrouve sa liberté. « Maintenant, je peux travailler comme je l’entends » affirme Marc, « c’est-à-dire que je peux me rapprocher de la nature afin de rétablir des sols vivants. Je suis à l’écoute de chaque pied de vignes, ils doivent être en harmonie avec ce qui les entoure. »
Une philosophie de travail qui demande beaucoup de travail dans les vignes, et comme le souligne justement le vigneron : « si on fait un gros travail au vignoble, il est dommage de tout flinguer en réutilisant de la chimie en cave. » Une logique imparable qui amène Marc aux vinifications naturelles, sans levures, sans collage, sans souffre ….

Et les résultats sont là ! Pour le vigneron : « On voit les différences millésimes après millésimes. Plus on avance et plus les vins deviennent élégants et minéraux. »


Les vins du domaine Mamaruta : de la fraîcheur et du fruit

Comme tout bon vigneron, le but de Marc, est d’avoir des raisins les plus beaux et le plus sain possible. « Comme cela, en vinification, ça se fait tout seul », sourit le vigneron.
Une philosophie de travail qui demande beaucoup de travail dans les vignes, et comme le souligne justement le vigneron : « si on fait un gros travail au vignoble, il est dommage de tout flinguer en réutilisant de la chimie en cave. » Une logique imparable qui amène Marc aux vinifications naturelles, sans levures, sans collage, sans souffre ….

Et les résultats sont là ! Pour le vigneron : « On voit les différences millésimes après millésimes. Plus on avance et plus les vins deviennent élégants et minéraux. »


Les vins du domaine Mamaruta : de la fraîcheur et du fruit

Comme tout bon vigneron, le but de Marc, est d’avoir des raisins les plus beaux et le plus sain possible. « Comme cela, en vinification, ça se fait tout seul », sourit le vigneron.
Dans ces terroirs du sud de la France, il n’est pas évident pour les vignerons de favoriser les fruits frais et la fraicheur dans les vins. Mais Marc arrive, avec beaucoup d’observation et de passion à trouver des solutions. « Je vendange très tôt dans l’année, en général 3 semaines avant tout le monde. Je ne fais pas de contrôle de maturité en laboratoire, je goute les raisins et quand ils ont une chair ferme et juteuse, je commence les vendanges. Ça me permet d’obtenir de l’acidité dans les vins. »

Les degrés restent relativement élevés sur ces terroirs gorgés de soleil, avec des vins rouges à 13, 14, voir même 15 en degré potentiel. Mais grâce à l’acidité, les vins du domaine Mamaruta restent très digestes, ils ne sont pas alourdis par l’alcool.

« Pour favoriser la fraicheur, je ne fais pas de macérations longues et je ne fais que très peu d’extractions, confie le vigneron.


« Nous sommes sur une zone de bord de mer qui est très bien pour les vins blancs », Marc Castan

Leucate est une région de vins rouges : des terroirs argilo-calcaires, un climat méditerranéen, des traditions et du savoir-faire aussi. « On est sur un secteur très aride, très chaud avec beaucoup de tramontane. Mais j’ai aussi remarqué beaucoup de différences entre les vignes plantées sur les terroirs de garrigue, plus solaires ; les vignes en bord d’étangs qui ont un coté iodé et salin ; et les vignes sur Leucate, plantées sur une falaise calcaire qui fait des vins plus acides et plus durs » explique Marc. «Les entrées maritimes ramènent de la fraicheur et de l’acidité dans les vins. Nous sommes sur une zone de bord de mer qui est très bien pour les vins blancs ». Marc souhaite développer la part des vins blancs sur son domaine en introduisant des cépages espagnols qu’il aime bien.


« Nous aimerions ramener de la diversité », raconte Marc Castan

Marc se projette bien au-delà de son domaine, à l’échelle de son territoire. « Nous sommes dans un village de plaine un peu monotone où toutes les haies ont été arrachées. Nous essayons de ramener un peu plus de vies, d’insectes et d’animaux », s’enthousiasme Marc.

Pour cela, le domaine Mamaruta imagine développer la polyculture. Depuis plusieurs années déjà, Marc réintroduit des haies en plantant des arbres fruitiers. Il voudrait aller plus loin, songe aux oliviers et aux troupeaux de vaches. « Nous avons déjà quelques bêtes. L’hiver, elles pâturent dans les vignes. Nous réfléchissons peut-être à développer un peu cet axe », confie le vigneron.


Coup d’œil sur le millésime 2017 du domaine Mamaruta

Marc Castan est un vigneron parmi les passionnés, pragmatique, réfléchi, il avance au grès de ses envies en profitant de sa liberté. Le résultat de cet incroyable travail, c’est des millésimes réussis, à l’image des cuvées 2017. Certaines reposent encore en barriques, d’autres s’apprêtent à être mises en bouteilles. Elles sont, en tout cas, toutes très prometteuses : « le millésime 2017 est un petit millésime, mais les jus sont vraiment très bons. Ils sont frais et ils ont beaucoup de fruit. » Il nous tarde d’y gouter !


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mer 2 Mai 2018 12:06

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Champagne
Grêle sur la frange Sud-Ouest du Vitryat
Le dimanche 29 avril, de violents orages ont éclaté dans le Vitryat en Champagne. Les dégâts sont en cours d’évaluation.




Des orages particulièrement violents, apportant entre 10 à 25 mm de pluie, ont causé des dégâts dans le Vitryat en Champagne. « Nous avons vécu un mésocyclone, précise Pascal L’Hoste, viticulteur à Bassuet et administrateur au syndicat général des vignerons de Champagne. La température a brusquement monté en fin d’après-midi dimanche. Ce courant d’air chaud, qui venait de la Bourgogne, annonçait l’orage ». Une bande de 10 kms de large a déferlé sur le sud-est de la Marne, avec des tornades à l’épicentre et de violents orages de grêle en périphérie. Sur les 500 ha de vigne que compte le Vitryat, 150 ha ont été touchés avec des pertes de récolte estimées entre 75 et 100 %. Les secteurs les plus impactés sont Loisy-sur-Marne, Couvrot, Vitry-en-Perthois, Saint-Lumier-en-Champagne et Saint-Amand-Sur Fion.

"Je n’ai jamais vu un orage d’une telle violence"

Sur les villages viticoles, aucun dégât majeur n’est à constater dans les caves, la tornade étant passée sur les communes exclusivement agricoles. « Je n’ai jamais vu un orage d’une telle violence, conclut Pascal L’Hoste. Surtout fin avril ! »

La grêle et des vents en rafales intenses ont « hâché rameaux et feuilles et sectionnés les inflorescences » confirme le Comité Champagne.

Ne pas tailler

Le Comité Champagne rappelle la conduite à tenir : il est déconseillé de tailler. Mieux vaut laisser la vigne reprendre son développement végétatif. En revanche, il faut être particulièrement vigilent sur le risque maladie et bien protéger la plante affaiblie. D’ailleurs, les modèles du CIVC annoncent les premières sorties mildiou à partir du 8 mai de manière localisée. Le positionnement des traitements phytos risque d’être particulièrement délicat vu l’instabilité de la météo des prochains jours.


www.vitisphere.com


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mer 2 Mai 2018 12:11

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Championnat de France de dégustation : Les Belges raflent la mise à Chablis.
Record de participation battu à Chablis au sein du Petit Pontigny avec le BIVB à l’occasion de cette dernière étape qualificative du Championnat de France de dégustation 2018, avant la grande finale du 23 juin à Barr.



63 équipes se sont affrontées, verre en main, samedi 28 avril, afin de tenter de décrocher les dernières places qualificatives pour la finale du Championnat de France de dégustation organisé par La RVF.

Ce sont les équipes Belges et Luxembourgeoises qui se sont montrées les plus inspirées, plaçant 5 équipes dans les 8 premières. La victoire revient au duo Belge Philippe Haid - Henri Rossignol devant une autre paire Belge, Philippe Ketelslegers - Eric Derenne.

Un grand bravo à toute l’équipe du BIVB Chablis, sous la direction de François Roure, pour son accueil très sympathique. Rendez-vous pour toutes les équipes qualifiées le 23 juin à Barr chez Klipfel. Commentaires de dégustation sur notre forum, rubrique championnat.



LE CLASSEMENT COMPLET

Les qualifiés pour la finale


1ers : Philippe Haid/ Henri Rossignol 96 points
2è : Eric Derenne/Philippe Ketelslegers 65 points
3è : Julien Medrinal/Ronny Zuffrano 88 points
4è : Robert Rouelle /Olivier Georges 86 points
5è : Hervé et Zaiah Ammann 84 points
5è : Brice Gagnage/Christopher Nelmes 84 points
7è : Pascal Vigne/Bruno Oechslin 82 points
8è : Guy Bosseler/Jules Hoffelt 81 points
9è : Sabine Merdinoglu/Hakim Mireau 79 points
9è : Denis Marniesse /Vincent Mercier 79 points
9è : Valentin Niro 79 points
9è : Laurent Gibet /Miguel Sennoun 79 points



Les non-qualifiés pour la finale


13è : Jérémie Routhiau/Fabrice Thibon 78 points
13è : Jacky Camus/Christian Colin 78 points
15è : Eric Bordas/Frédéric Villemiane 76 points
16è : Walter Labouyrie/Vincent Dulhoste 75 points
17è : Norbert Puzenat/André Berenger 74 points
17è : Romain Hervo/Dimitri Ladas 74 points
19è : Pierre Rey/Eric Slort 73 points
20è : Olivier Rotiers/Philippe Berger 72 points
21è : François Martinez/Hervé Cuzon 71 points
22è : Christine et Franck Bonnet 68 points
22è : Eddy Gautier/Didier Sanchez 68 points
24è : Sébastien Collin/Olivier Arribard 67 points
25è : Guillaume Deschepper/François Breteau 66 points
26è : Doriane et Didier Frayssou 65 points
26è : Mathieu Rimasson/Arnaud Voisin 65 points
28è : Julien Romatif/Benjamin Negre 62 points
29è : Pascal Piednoir/Marc Lignac 61 points
29è : Delphine Choulet/Pierre-Yves Challier 61 points
31è : Emmanuel Olive/Christophe Boyet 60 points
32è : Hervé Bidoire/Pierre Pacaud 59 points
32è : Philippe Tassart/Geneviève Latour 59 points
34è : Jérôme Donzel/Grégoire Hoppenot 58 points
35è : Colin Rebel 57 points
36è : Patrick Essa/Benoit Charbonnaud 56 points
36è : Jorge Adelantado/Dominique Espinasse 56 points
36è : Eric Baijot/Jérôme Labro 56 points
36è : Bernard Chat/Jean-Loup Guerrin 56 points
40è : Jean-Christophe Berthelot 54 points
40è : Stéphane Chaillé/Goran Gajic 54 points
42è : Jean-Luc Chauvet 53 points
43è : Jean-Pierre Cabocel/Philippe Saint-Martin 52 points
44è : Karl Marechal-Deuresse/J.F. Noel 51 points
45è : Frédéric Bazou/Sébastien Rougé 50 points
45è : Florian Simon/Vincent Dalleau 50 points
47è : Remy Levasseur 49 points
47è : Renaud et Mathias Bouzereau 49 points
47è : Pascal Bessard/Michel Grimaud 49 points
47è : Samuel Moulié/Robin Lenfant 49 points
51è : Julien Cournede/Vincent Codbessin 47 points
52è : Cécile Debroas Castaigns/Anne-Sophie Lacroix 41 points
53è : Christine Kieu/Becuwe 40 points
54è : Olivier Meunier/Gilles Amherdt 39 points
55è : Céline Caffot 38 points
55è : Benjamin Poussardin 38 points
57è : Nathalie Harhelier/Pierre Flahaux 36 points
58è : Baptiste Mathies/Arnaud Chantome 34 points
58è : Yves Cortey/Laurent Ollier 34 points
60è : Guillaume Jamet/Sylvain Lemaitre 28 points
61è : Luiz Batistello/Caroline Mastroianni 27 points
62è : Matthieu Charmasson/François Parado 24 points
63è : Alexandre Laize/Clement Gadenne 22 points



LES VINS DÉGUSTÉS

Vin N° 1 :

Cépages : Mauzac 90% chardonnay 10%
Appellation : Blanquette de Limoux
Producteur (Château ou domaine) : Domaine Delmas
Nom de la cuvée : Mémoire
Millésime : 2014

Vin N° 2 :
Cépages : Rolle 50 % sauvignon 25 % semillon 20 % clairette 5%
Appellation : Coteaux d’Aix en Provence
Producteur (Château ou domaine) : Château de Beaupré
Nom de la cuvée : Cuvée du château
Millésime : 2017

Vin N°3 :
Cépages : clairette 30% viognier 25% roussanne 25% grenache 20
Appellation : Cairanne
Producteur (Château ou domaine) : Domaine Brusset
Nom de la cuvée : Les Travers
Millésime : 2017

Vin N° 4 :
Cépages : Clairette 50% Ugni blanc 50%
Appellation : Bandol
Producteur (Château ou domaine) : Domaine Pieracci
Nom de la cuvée :
Millésime : 2017

Vin N° 5 :
Cépage : Pinot noir
Appellation : Haute vallée de l’Aude
Producteur (Château ou domaine) : Domaine Garrabou
Nom de la cuvée : le salsous
Millésime : 2016

Vin N° 6 :
Cépage : Syrah
Appellation : Crozes-Hermitage
Producteur (Château ou domaine) : Domaine Belle
Nom de la cuvée : Cuvée Louis Belle
Millésime : 2015

Vin N° 7 :
Cépage : Nielucciu
Appellation : Corse patrimonio
Producteur (Château ou domaine) : Domaine Leccia
Nom de la cuvée : Pétale
Millésime : 2015

Vin N° 8 :
Cépage : Malbec
Appellation : Cahors
Producteur (Château ou domaine) : Château La Reyne
Nom de la cuvée : Vent d’ange
Millésime : 2008

Vin N° 9

Cépages : Grenache 80 % syrah 10 %
Appellation : Vacqueyras
Producteur (Château ou domaine) : Domaine La Garrigue
Millésime : 2014

Vin N° 10
Cépages : Syrah 50% grenache 30 % Mourvèdre 20 %
Appellation : Terrasses du Larzac
Producteur (Château ou domaine) : Mas des Chimères
Nom de la cuvée : Nuit grave
Millésime : 2016

Vin N° 11 :
Cépage : Savagnin
Appellation : Arbois
Producteur (Château ou domaine) : Château de Bethanie
Millésime : 2014

Vin N° 12
Cépages : Sémillon 83 % sauvignon 12 % muscadelle 5%
Appellation : Sauternes
Producteur (Château ou domaine) : La Tour Blanche
Millésime : 2009


www.larvf.com


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Jeu 3 Mai 2018 12:31

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Clos de La Coulée de Serrant : « Un grand terroir n’a besoin d’aucun artifice »
Avec un terroir d’exception et un travail irréprochable, ce nom mythique de la biodynamie et de la viticulture française a de quoi faire rêver… Zoom sur cette grande signature ligérienne et interview du vigneron iconique.




Domaine mythique s’il en est, la Coulée de Serrant a même le privilège de bénéficier d’une AOC à elle seule (au même titre que Château-Grillet en vallée du Rhône)… Il faut dire qu’elle est reconnue comme une terre de grands vins depuis des siècles. La vigne y fût en effet plantée au XIIe siècle par les moines Cisterciens ; l’ancien monastère existe toujours (il est d’ailleurs classé monument historique). Et depuis, la vigne y est restée sans discontinuité. Le millésime 2017 est donc la 887e vendange consécutive !

L’AOC s’étend sur 7 hectares, en monopole de la famille Joly. De longue date, le vin de la Coulée de Serrant est considéré comme un breuvage de choix. Il était surnommé « la goutte d’or » par Louis XI, Louis XIV avait même visité le domaine, tandis que l’impératrice Joséphine « raffolait du vin de la Coulée de Serrant« . Aujourd’hui encore, il est considéré comme l’un des plus fameux vins blancs de France.

Le vignoble de 7 hectares est idéalement situé, en surplomb de la Loire, à l’endroit où la coulée (le ruisseau) de Serrant se jette dans le fleuve. La proximité du fleuve et de la Coulée crée un microclimat unique. Les vignes de chenin, issues de sélections massales du domaine, sont âgées de 40 à plus de 80 ans.

Restauré dans les années 1960 par madame Joly, le domaine a depuis été repris par son fils Nicolas. Nicolas Joly s’est imposé comme l’un des vignerons les plus emblématiques et reconnus, notamment pour son rôle de chef de file de la biodynamie, dès le début des années 1980. Son engagement sur cette voie est total, loin de la simple recherche marketing de labellisation. Pour lui, tout se fait à la vigne, le but étant de permettre à la plante et au terroir de s’exprimer au mieux, de retranscrire les spécificités de chaque millésime. Aucun produit de synthèse n’est utilisé, les sols sont travaillés et traités à l’aide de préparations biodynamiques et de traitements complémentaires : tisanes d’orties (pour la croissance et l’équilibre), mais aussi d’autres plantes comme l’arnica, le cynorhodon et des produits naturels comme le miel et la propolis, « autant d’adjuvants qui aident la vigne à mieux entrer en relation avec l’environnement dont elle se nourrit et ainsi, à créer des arômes profonds« . Les vignes sont taillées court, pour limiter les rendements car « le chenin est un cépage qui nécessite de très faibles rendements, de l’ordre de 20 ou 30 hl/ha ; c’est un cépage difficile« . Les vendanges s’effectuent en trois à cinq tries manuelles du fait du refus des sélections clonales

Les vinifications se veulent très peu interventionnistes, lentes et naturelles : il n’y a pas de débourbage (les lies sont considérées comme un élément vivant très riche et utile au bon déroulement des fermentations), pas de passage à froid pour enlever le tartre et diminuer l’acidité (considéré comme trop violent et mortifère pour le vin) ; seules les levures indigènes sont utilisées ; il n’y a pas de collage ni de contrôle des température durant les fermentations : l’idée consiste à laisser les fermentations s’effectuer par elles-mêmes, naturellement. Les vinifications et l’élevage sont menés en tonne de 500 ou 600L, sans aucun bois neuf, puis les vins sont mis en bouteille sept à huit mois plus tard. Nicolas Joly se sert des sons pour supporter le travail des levures en particulier du LA (son lié au soleil dit-il) avec un diapason en 432 hertz (en 44O ou 442 il n’y aurait pas d’effets ). Cela limite aussi les déviations qui peuvent se produire en fermentation.

Aujourd’hui, Virginie, la fille de Nicolas Joly reprend peu à peu la direction du domaine. Ce domaine produit des vins dans un style très reconnaissable, avec des maturités poussées.

Un terroir exceptionnel, une viticulture biodynamique totale et irréprochable et des vinifications sans technologie et sans artifice sont les ingrédients magiques de la recette de la Coulée de Serrant. Un domaine unique en son genre, qui produit des vins sublimes, prisés pour leur race, leur tension, leur maturité, leur densité, leur matière et leur énergie. A goûter au moins une fois dans sa vie…

Il est conseillé de carafer les vins du domaine plusieurs fois, ou de les ouvrir 24h à l’avance.


La philosophie du domaine de la Coulée de Serrant :

« Le fond du fond, c’est la vérité du goût ! Aujourd’hui, beaucoup de vins sont « bons » parce qu’il y a eu beaucoup de technologie utilisée au cellier pour les produire, ils sont bien faits, irréprochable parfois, mais sans âme, ils ne créent pas d’émotions. A la Coulée de Serrant, il n’y a aucune technologie utilisée. Le but est de pratiquer une agriculture où la vie peut totalement s’exprimer. La photosynthèse doit être soutenue car c’est elle qui permet à la vigne de convertir un bourgeon en feuilles, fleurs puis fruits donc de capter l’énergie et de la transformer en matière. Il faut que cette énergie soit bien saisie par la plante et pour ce faire, elle ne doit pas être dérangée par un arsenal de produits chimiques… Si le travail dans les vignes est bien mené, il n’y presque plus rien à faire en cave. Le rôle du vigneron étant de faire naître le vin et non pas de le façonner. Je dis d’ailleurs souvent à ce sujet, qu’un beau terroir est comme un bon instrument de musique il a besoin d’une bonne « acoustique » pour bien exprimer le lieu. La biodynamie est la meilleure des acoustiques quand elle est bien comprise. Le bon vigneron lui est le musicien : ce sont ses décisions qui indirectement passeront dans la bouteille. Je suis un vigneron « conservateur » : je pense que le vin naît par lui-même et que ce n’est pas au viticulteur de le créer par des artifices; on doit juste aider la vigne a les exprimer; c’est pourquoi je n’utilise que les levures indigènes (qui sont spécifiques à chaque lieu, chaque parcelle) et aucun bois neuf. Un grand terroir, s’il est en vie bien sur, a « en lui » tout ce qu’il faut et n’a besoin d’aucun artifice. Les filtrations stérilisantes, l’utilisation d’acide ascorbique ou de sorbate de potassium comme alternatives au soufre ne sont pas justes à mes yeux; le sorbate qui permet de marquer « sans soufre » sur l’étiquette est à mon sens presque un poison; Bruxelles a parlé plusieurs fois de l’interdire… Avec une filtration trop serré (cela va jusqu’au tiers de micron) toute l’âme du vin ou presque reste sur le filtre et le vin ne refait jamais totalement ! Le soufre et a petites doses est pour moi la meilleure alternative. Dans certain cas on peut faire du « sans soufre » car le vin en contient un peu naturellement mais cela n’est pas toujours possible si le vin est expédié dans des pays lointains ou a des saisons trop chaudes. Un peu de soufre ne change pas le goût du vin .

A la Coulée de Serrant, nous n’utilisons que du soufre naturel, d’origine volcanique si possible. On traite également les vignes avec du soufre et c’est bien mieux que les produits qui empoisonnent les vignes. Mais la question du soufre est souvent mal expliquée. N’oublions pas que la famille des crucifères (moutarde, roquettes etc) qui comportent plusieurs centaines de plantes parfois médicinales produisent du soufre ! Pourquoi en faire un ennemi ? Pour vendre des artifices !

L’un des gros atouts de la Coulée de Serrant, c’est vraiment son terroir exceptionnel. Ce n’est pas pour rien qu’il s’agit d’un vignoble très ancien et bien choisit par les cisterciens. Ils choisissaient les bons endroits, souvent à proximité d’un plan d’eau, qui réfléchit la lumière du soleil ce qui a un effet très bénéfique sur la vigne. Et quand on a un lieu d’une telle qualité, c’est un devoir de respecter leur héritage, voir de l’amplifier et pour ce faire, la biodynamie est disons «céleste»…

La biodynamie, quand elle est comprise en profondeur, permet à la plante de bien convertir l’énergie en matière, afin que le raisin porte tout ce qui fait les originalités d’un millésime toutes ses caractéristiques, les subtilités qui le font naître (chaleur, pluviométrie, luminosité, variation des températures, vents dominants etc). En biodynamie bien comprise tout est affaire de subtilité : on travaille souvent avec des doses très faibles dynamisées une heure (3 a IOO gr par hectare) et rapidement répandues sur les sols ou les feuilles; il est difficile de comprendre comment cela peut marcher. Je fais souvent le parallèle avec le téléphone qui nous permet d’entendre la voix de notre correspondant à plus de 10 000km et en moins d’une seconde : chaque préparation biodynamique est comme un écouteur pour la vie, elle permet à la plante de mieux recevoir les ondes et énergies cosmiques qui du printemps a l’automne la nourrisse. La qualité de la luminosité est aussi très importante et liée a une préparation très utile à base de quartz. En biodynamie finalement chaque préparation est un lien a un des éléments du système solaire sans lequel la Terre serait un cadavre ;il faut toujours se souvenir que la planète Terre ne possède pas la vie, elle la reçoit parce qu’elle fait partie du système solaire ; sans lui, il n’y aurait plus de vie ou presque Ce sont les ondes cosmiques qui amènent la vie. Chaque plante a une micro-fréquence et reçoit son propre message de vie. Le problème est qu’aujourd’hui, ce lien entre la Terre et le soleil est perturbé par de nombreux éléments d’origine anthropique, à commencer par des milliers de satellites. Ces nombreuses pollutions hertziennes, toujours passées sous silence, font que la vie descend moins bien sur Terre, elles affaiblissent le message vital qui arrive sous forme de fréquence astronomique. Dans ce contexte, la biodynamie est d’autant plus nécessaire, qu’elle permet a la vigne de se joindre à son essence dyonisienne, ce qui lui permet « d’être ». C’est comme si on était dans une salle avec 200 personnes se mettant à crier en même temps, et la biodynamie serait le téléphone portable qui nous permettrait de pouvoir tout de même parler à ceux du fond de la salle ! Donc pour résumer, la biodynamie sert à accentuer l’écoute des systèmes qui donne vie à la terre, de diminuer les boucliers que les civilisations modernes ont créées (pollution hertzienne…). Elle permet notamment de stimuler grandement la vie microbienne, alors que les désherbants et produits chimiques la tuent. La biodynamie c’est le lien a un système subtil qui génère la vie. Le seul effet « négatif » est que tous les animaux veulent se réfugier sur le domaine !!!

D’ailleurs, au domaine, beaucoup d’animaux domestiques ont leurs places (vaches, chèvres , chevaux, ânes, moutons, abeilles…) ; les vaches font le compost. Chaque nouvelle espèce présente sur le lieu peut être comprise comme une corde supplémentaire que l’on ajouterait à notre instrument de musique qu’est le terroir ; quand il est vivant bien sur Les animaux la diversité végétale du paysage sont aussi une réponse a la monoculture qu’est la vigne que la nature n’aime pas finalement. Ici des prairies qui pourraient produire des très bons vins restent pour cette raison non plantées .

Pour résumer, je dirais que pour moi, la viticulture conventionnelle empêche le lieu, le terroir et le millésime de s’incarner dans le vin, de s’exprimer. La photosynthèse est empoisonnée par les produits et les traitements systématiques. Les désherbants détruisent la capacité des vignes a se nourrir du sol (mycorhize). Cela peut donner des bons vins, bien faits, mais apatrides et sans âme, qui n’ont rien à raconter. Au contraire, la biodynamie permet de garder ce lien avec le terroir et le millésime, de les laisser pleinement s’exprimer. C’est un peu comme la différence entre la beauté naturelle et la beauté par chirurgie esthétique ! De plus, les vins trop « technologiques » sont souvent bons à l’ouverture mais ne tiennent pas longtemps, alors que les vins biodynamiques ont tendance à être l’exact opposé : après quelques heures ou quelques jours même ; ils deviennent magiques ! »


www.idealwine.net


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mer 9 Mai 2018 12:55

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C'est officiel, Viré-clessé a ses vins "levroutés" !
C'est officiel, le cru Viré-Clessé, dans le Mâconnais, pourra produire en toute légalité ses vins blancs "levroutés", les seules vendanges tardives de Bourgogne !




Il est un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre où le climat n'était pas ce qu'il est aujourd'hui en Bourgogne et quand l'année était belle, chaude, les vignerons cherchaient à récolter des raisins aussi mûrs que possible. En chardonnay, il n'était pas rare qu'en fin de fermentation alcoolique, les levures flemmardes un peu et que les vins conservent quelques grammes de sucres résiduels ; rien de grave, ce d'autant plus que ces vins vieillissaient généralement très bien.

La tradition est restée dans le Mâconnais et tout particulièrement dans le cru Viré-Clessé, où de nombreux vigneron et pas des moindres (Jean Thévenet, domaine Michel, Jean-Pierre Michel...) produisent encore des vins blancs dits "levroutés", contenant des sucres résiduels, issus de raisins récoltés tardivement et très mûrs. Jusqu'au millésime 2015, Viré-Clessé a bénéficié d'une dérogation au cahier des charges de l'appellation qui veut que la limite autorisée soit de 4 grammes de sucres résiduels fermentescibles/litre. Par chance, il n'y a pas eu de "levroutés" en 2016 et à partir de 2017, c'est officiel*, les vignerons auront le droit de les produire en toute légalité.

Les vins contenant plus de 4 g/l de sucres résiduels seront répartis en deux catégories : les "demi-secs", entre plus de 4 et moins de 8 g/l et les "levroutés", entre 8 et 18 g/l. Pour ces derniers, le cahier des charges est particulièrement exigeant avec des vendanges manuelles, un degré minimum à la récolte de 15° et de 14° après fermentation alcoolique, un rendement maximum de 48 hectolitres par hectare (contre 62 pour un viré-clessé avec nom de climat), l'interdiction bien sûr de chaptaliser et un élevage long, au moins jusqu'au 1er février de la 2ème année qui suit la récolte. Les 2017 ne pourront donc pas être mis en bouteille avant le 1er février 2019. Et la production de ces vins avec des sucres résiduels n'est pas anecdotique à Viré-Clessé. L'appellation couvre 450 hectares, produit en moyenne 26 000 hectolitres par an et en millésime favorable (cela ne marche en effet pas tous les ans), les "demi-secs" peuvent représenter 20% de la production totale du cru et les "levroutés" jusqu'à 10%.

Il est aujourd'hui très "tendance" de vénérer les vins blancs secs, minéraux et de tordre du nez devant ces vins plein de soleil, croquants, aux fruités bien mûrs, chaleureux, délicieux jeunes, mais aussi capables de vieillir 20 ans et plus ; et bien pour notre part, nous les adorons et vous invitons, si ce n'est déjà fait, à les découvrir sans plus attendre. Sortie d'autoroute Tournus en arrivant du nord, Mâcon Nord en arrivant du sud, encore une bonne dizaine de kilomètres et vous y êtes ! Notez enfin que le cru Viré-Clessé fête cette année ses 20 ans.


Christophe Tupinier

* L'arrêté du 26 avril 2018 modifiant le cahier des charges de l'appellation Viré-Clessé a été publié le 3 mai 2018 au Journal Officiel.


www.bourgogneaujourdhui.com


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mer 9 Mai 2018 12:57

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Jura, le nouvel Eldorado des Bourguignons ?
La famille Devillard, qui exploite notamment le Château de Chamirey, en Côte Chalonnaise et le domaine des Perdrix, en Côte de Nuits, rachète le domaine Rolet, dans le Jura.




Le Jura est-il le nouvel Eldorado des Bourguignons ? Après le rachat récent de la maison Henri Maire par le nuiton Boisset la Famille des Grands Vins et la création en 2012 du domaine du Pélican par le domaine "star" de Volnay, Marquis d'Angerville, la famille Devillard qui exploite plusieurs domaines en Côte Chalonnaise, en Côte de Nuits et dans le Mâconnais* annonce l'acquisition du domaine Rolet, basé à Arbois (39), qui couvre 65 hectares.

"La famille Devillard et leurs associés, les familles Flambert et Dupuis, annoncent la signature d'un accord en vue de l'acquisition du Domaine Rolet Père et Fils. Fondé en 1942, le Domaine Rolet Père et Fils est le plus grand domaine viticole indépendant et l'un des fleurons du Jura. Précurseur dans le Jura des cuvées de rouges mono-cépage et de blancs de caractère, le Domaine Rolet Père et Fils décline toute la richesse du terroir Jurassien à travers la large palette de sa production en appellation Arbois, Côtes du Jura, l'Etoile et Château-Chalon : Blancs, Rouges, Rosés, Crémants, Vin Jaune, Vin de Paille, Marc et Macvin. Sur une superficie de 65 hectares, parmi les plus beaux terroirs de la région, la famille Rolet et ses équipes ont apporté depuis de nombreuses années un savoir-faire reconnu, en France et à l'étranger, associé à une recherche constante de la qualité au service de la singularité d'un terroir. Dans le respect des traditions et des usages du Jura viticole, les Domaines Devillard et leurs associés conserveront l'indépendance du Domaine Rolet Père et Fils et assureront dans le même esprit sa pérennité et les savoir-faire qui ont porté la production de ce domaine à un niveau d'excellence millésime après millésime. Cédric Ducoté, actuellement Directeur Export des Domaines Devillard, prendra la Direction Générale du Domaine Rolet Père et Fils dès le mois de Juin". Voila pour le communiqué de presse officiel...

Il semblerait donc bien que la famille Devillard mette les pieds dans cette région viticole voisine de la Bourgogne à un moment où elle s'apprête à changer de dimension. Tout indique en effet que le Jura avec sa petite taille, son authenticité, ses "spécialités" comme le vin jaune, le vin de paille, le cépage savagnin (en "jaune" ou pas), son potentiel en chardonnay (c'est évident), voire en vins rouges (cela reste à démontrer...), en crémant et sa large palette de domaines investis dans le bio et/ou les vins "natures" très prisés par une certaine clientèle que nous qualifierons "d'urbaine branchée" pourrait devenir un nouvel Eldorado. Certaines cuvées de vins jaunes de domaines "star" s'arrachent même aujourd'hui à plus de 1 000 la bouteille ou plutôt le clavelin (62 cl) dans les ventes aux enchères. Un simple début ? "Ce qui est rare est cher", disent souvent les Bourguignons pour expliquer les prix élevés de leurs vins ; dans le Jura, c'est encore plus petit et plus rare qu'en Bourgogne, puisque le vignoble jurassien couvre à peine plus de 1 800 hectares, contre près de 30 000 pour la Bourgogne et 17 000 pour le Beaujolais.

Le Beaujolais parlons en... autre région voisine de la Bourgogne, où les Bourguignons sont de plus en nombreux à venir acheter des vignes à des prix considérablement moins chers qu'en Bourgogne. Dans un bon cru du Beaujolais, le prix moyen de l'hectare tourne entre 50 et 70 000 euros, beaucoup plus en moulin-à-vent ou dans des climats emblématiques comme la Côte de Py, à Morgon, mais cela reste encore très "abordable" comparé à la Bourgogne. Dans le Jura c'est, pour le moment au moins, encore moins cher, puisque 60 000 euros, c'est plutôt le prix maximum aujourd'hui pour un hectare de Château-Chalon, le roi des vins jaune.

Bref, pour résumer, entre réputation établie du domaine racheté (Rolet), réputation naissante de la région et prix très attractif du foncier, la famille Devillard se positionne manifestement au bon moment sur le marché des vins du Jura. A suivre...


Domaines exploités par la famille Devillard : Château de Chamirey (Mercurey - Côte Chalonnaise - 37 hectares), Domaine De la Ferté (Givry - Côte Chalonnaise - 4,5 ha), Domaine des Perdrix (Côte de Nuits - 12 ha) et Domaine de la Garenne (Mâconnais 7 ha).

La famille a été désigné "vignerons de l'année" dans le numéro 139 de Bourgogne Aujourd'hui.


www.bourgogneaujourdhui.com


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Ven 11 Mai 2018 11:52

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Déluge en Languedoc
Inondations exceptionnelles à Limoux et grêle localisée en Minervois
Les cieux se sont déchaînés ce début de semaine sur l’Aude et l’Hérault, touchant de manière ponctuelle, mais au combien violente, les vignobles se trouvant en dessous.




« Il a plu à seaux pendant trois quarts d'heure et les ruisseaux se sont étalés. Emportant du terrain et des matériels se trouvant sur leurs abords… 90 hectares ont été touchés, essentiellement de la vigne* » rapporte Céline Forget, la technicienne sur le limouxin pour la chambre d’Agriculture de l’Aude. Ce lundi 7 mai, des pluies torrentielles ont inondé une dizaine de communes audoises d’après les premiers constats du syndicat viticole de Limoux. De Castelreng à Digne d’Aval, en passant par Loupia et Villelongue d’Aude, des vignobles ont été littéralement submergés par deux ruisseaux. Affluents de l’Aude, le Cougaing et le Corneilla ont débordé sur plus d’une vingtaine de mètres.

« Ce n'est pas la première fois que l'on voit de telles trombes d'eau ici. Il y avait eu la même chose en 1956 » se rappelle un vigneron de Limoux à la retraite. Ajoutant qu'« à l'époque, il y avait même eu de la grêle, on n'avait rien pu ramasser. Mais en ce temps, il n'y avait pas autant de tracteurs ou de voitures. Les coûts matériels n'avaient rien à voir. »

Depuis le début de semaine, l’eau s’est retirée dans le vignoble limouxin, laissant un paysage dévasté : boues, gravats, limons, troncs d’arbres… « Il faut remettre en état les bouts de rangées emportés. Mais on ne peut pas espérer de retour dans les vignes avant une semaine avec des sols gorgés en eau » explique Céline Forget. D’autant plus que de nouveaux orages sont annoncés cette fin de semaine.

"La poisse"

S’il y a eu peu de dégâts de grêle à Limoux, ces orages ont causé des dégâts localisés dans le Minervois. Notamment sur les communes d’Agel (Hérault) et de Mailhac (Aude). Sans commune mesure avec les dégâts généralisés de juillet 2014, cet orage de grêle a eu peu d’impact sur l’ensemble du vignoble. Sauf pour le domaine de Peyremale, touché sur l’intégralité de ses 22 hectares de vigne. Ayant laissé un manteau blanc, la grêle a brisé des rameaux, fait tomber des grappes et lacérer des feuilles constate Jean Tabouriech, le propriétaire du domaine.

« Cela faisait des années que l’on n’avait pas eu de gel et de grêle, on commençait à oublier ce que c’était… L’an dernier j’étais touché à 80 % par le gel, cette année je m’attends à perdre la moitié de ma récolte » soupire le vigneron, qui s’attend de nouveau à suer sur la taille. Déjà assuré contre la grêle par le passé, il a désormais contracté une assurance climatique globale. « Je me suis dit que ce serait la poisse d’être touché deux années de suite par le mauvais temps. J’ai eu raison » conclut-il.


* : Au-delà des dégâts matériels auprès de particuliers et des infrastructures publiques, « un éleveur a perdu de la paille, des maraîchers ont perdu des petits pois, des fèves, des salades… et du matériel » énumère Céline Forget.


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Messagepar Lalex » Jeu 17 Mai 2018 12:17

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[ENTRETIEN] Alexandre Bader, retour sur 200 ans de Billecart-Salmon
Directeur Général de Billecart-Salmon, Alexandre Bader analyse les raisons de l’incroyable success story de cette maison de champagne restée familiale.




200 ans, un bel âge, l’heure d’un bilan chiffré sur Billecart-Salmon ?
200 ans c’est particulièrement jeune pour la société, je pense qu’on peut en faire 400, voire 600. Bien sûr, nous ne serons plus là nous-mêmes pour le voir, mais nous avons en tous les cas l’ambition. Quelques chiffres ? Billecart-Salmon c’est aujourd’hui 2 millions de bouteilles. Quand on a démarré avec François Billecart en 1990 c’était moins de 400 000 bouteilles, donc une belle évolution, mais qui n’a pu se faire que parce qu’elle était liée à l’image portée par cette sixième génération, et la septième qui arrive.

Philippine de Rothschild disait : « Pour développer une marque dans le vin, le plus dur ce sont les 200 premières années, après ça va tout seul ». Est-ce que la vie est désormais un long fleuve tranquille pou Billecart-Salmon ?
A vrai dire, le plus dur, ce sont les 400 premières années ; donc on en a encore 200 devant nous, avec 5 ou 6 générations. Tout ce que nous avons fait jusqu’à maintenant l’a été avec une grande émotion et dans le bonheur. Ce qu’évoque aujourd’hui le nom Billecart-Salmon, c’est un véritable enchantement des vins ; une famille unie derrière un nom qui aujourd’hui est devenu une marque ; une famille unie derrière la Champagne et un véritable cheminement pour aujourd’hui passer la main à une septième génération. Sans oublier la huitième génération, âgée d’une dizaine d’années,qui est en train de poindre, c’est formidable.

Cela fait plusieurs fois que vous évoquez l’aspect familial et le changement de générations. C’est un point qui vous paraît « challenging » dans une maison qui est certes restée familiale mais où le capital est quand même ouvert à un autre actionnaire, le groupe Frey ?
Aujourd’hui nous avons deux actionnaires, la famille Billecart qui a 55% du capital, la famille Frey qui a 45%. Elles sont unies derrière la marque Billecart toutes les deux. Il y a une famille opérationnelle, c’est la famille Billecart, et il n’y a aucune zone d’ombre. Dans l’avenir, je ne serai pas là non plus pour le voir dans 50 ou 100 ans. Dans tous les cas, la famille Billecart est très attachée à sa marque et je suis peu inquiet qu’elle fera tout pour continuer à véhiculer un message familial et perpétuer l’actionnariat familial.

Votre expertise et votre style si particulier sur le rosé a été un véritable accélérateur dans la croissance que vous avez connue. Aujourd’hui cette image de rosé ne vous colle-t-elle pas un peu trop à la peau aux dépends des autres cuvées ?
Non justement, c’est une clé d’entrée. Billecart, évidement, c’est « Pink Bill », c’est « Billecart rosé around the world », mais ce n’est pas le seul porte-drapeau. Billecart est aujourd’hui très réputé pour d’autres cuvées comme le sous-bois, le blanc de blancs et les extra-bruts qui font un vrai malheur. Nous sommes en ce moment en rupture de stock sur certaines cuvées comme le Nicolas François, qui est la cuvée blanc du fondateur.
Je pense que si on n’avait pas eu ce rosé, on n’en serait pas là. Lorsqu’en 1993-94-95 nous avons commencé à redonner le goût au rosé dans les restaurants en proposant du rosé au verre, nous étions les seuls. A l’époque il y avait un brut non millésimé et parfois un millésimé dans les vasques, mais jamais de rosé. C’est grâce à Billecart-Salmon qu’il est venu au goût du jour et que, pour l’instant, la mode dure depuis 25 ans. Et puis je vous rappelle qu’à la fin des années 80 on était dans un tournant, c’était la fin définitive du champagne en dessert, qui a été pendant 30 ans, des années 50 à 70, un des modes importants de consommation. La décennie des années 80 a complètement tourné le champagne vers un mode apéritif, et nous nous sommes positionnés là avec un rosé, ce que ne faisait personne d’autre.

Vous avez donc senti la tendance et su capter intelligemment un changement de consommation. Aujourd’hui, pour vous qui tournez en permanence dans différents pays du monde, quelles sont les tendances ?
Il y clairement une tendance extra-brut. Dans les marchés sophistiqués, on veut des vins de plus en plus pointus. Donc les maisons qui ont pris le virage de la grande qualité – je dis bien de la grande qualité – il y a une quinzaine, une vingtaine d’années, aujourd’hui récoltent le fruit de leur travail. Si elles ont loupé le coche, c’est plus compliqué.
Nous sommes dans une époque où, tout ce qu’il y a autour de la bouteille reste un subterfuge pour faire croire au consommateur une fois, mais pas deux, que c’était bien. Aujourd’hui, le consommateur sait très bien où il met les pieds, et il en veut pour son argent. Donc on ne peut pas arriver aujourd’hui avec un produit sophistiqué, virtuel, imaginaire, à 100 €. Le consommateur va vous dire « je n’en ai pas eu pour 100 €, donc j’arrêterai de le consommer » ou alors il publiera un post pour dire qu’il n’est pas content, et en 15 secondes, s’il est un bloggeur influent, il sera lu par 10 000, 20 000, 30 000 personnes. L’avenir est réservé à celles et ceux qui croient en la qualité et ne trompent pas leur consommateur.

200 ans, c’est aussi une grande occasion de faire la fête. Qu’avez-vous prévu et est-ce que les particuliers amoureux de votre marque, nos lecteurs, pourront aussi vivre cet anniversaire ?
Oui, bien sûr, tout le monde peut aller sur les dîners du bicentenaire parce qu’il y a des places mise à disposition sur le net. Il y aura aussi un jeu sur notre site http://www.champagne-billecart.fr pour que des internautes puissent goûter la cuvée du bicentenaire. Et en juin, nous ferons une grande fête de famille à Mareuil-sur-Aÿ, qui célèbrera 200 ans d’histoire et d’indépendance familiale. 1818 magnums de cette exceptionnelle cuvée commémorative « 200 » ont été spécialement élaborés et sont diffusés en édition limitée chez les cavistes indépendants.


www.terredevins.com


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Messagepar Lalex » Jeu 17 Mai 2018 12:21

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Primeurs 2017 : le point de vue de Gérard Sibourd-Baudry
Le directeur général des caves Legrand à Paris nous livre ses impressions suite à la dégustation des primeurs 2017.

Caviste Parisien installé dans la majestueuse galerie Vivienne depuis la fin du 19ème siècle, les caves Legrand regroupent une sélection de 65 domaines Bordelais.



Le Figaro Vin - Quelles étaient vos appréhensions sur le millésime 2017 ?
Gérard Sibourd-Baudry
- J’y suis allé avec beaucoup d’interrogations, c’est pour cela que j’y ai passé tant de temps. Il y avait une mauvaise image du millésime, nous savions qu’il avait gelé, qu’il y avait eu une semaine de pluies en septembre et nous nous demandions ce que nous allions trouver. Ca a été une surprise formidable. Il y de très belles choses. C’est dans des années comme celle-ci que nous pouvons nous apercevoir de la maîtrise des vignerons. Leur recherche d’excellence permanente quel que soit leur cru, de Chasse-Spleen à Petrus, leur adaptation continuelle de manière à donner le meilleur, voir rien du tout si la qualité n’est pas suffisante, est assez extraordinaire.

LFV - Comment procédez-vous pour évaluer la qualité des vins ?
GSB - Je ne supporte pas les notes de dégustation pour les primeurs. Pour moi, ça n’a aucun sens, car la note ne peut pas prendre en compte comment sera le vin le jour de la dégustation. Je compare souvent cela aux relations amoureuses car on ne sait jamais comment va se passer un jour donné. Ils ont tous fait le maximum, et il y a un jour, je ne sais pas quand, où leur flacon sera bon. En revanche, ce que j’essaie d’apprécier lorsque je déguste les vins est la cohérence entre le discours du vigneron et le goût. J’achète une vision et une personnalité. Est-ce que ce que je retrouve dans le verre est en accord avec ce que l’on me raconte depuis des années ? Quelle que soit la réputation de la propriété, s’il y a une dissonance entre ces deux éléments, je préfère ne pas travailler avec elle. Il faut avoir envie de porter les projets. Les vins sélectionnés sont avant tout fonction des hommes et les femmes avec qui j’ai envie de m’investir, dont j’ai envie de défendre le travail, le faire connaître, me battre pour lui. C’est la rencontre qui est importante. C’est presque un choc amoureux, et, comme dans une relation, la sélection de notre maison est remise en question tous les jours, même si en même temps nous sommes d’une extrême fidélité.

LFV - Quelles ont été vos plus belles surprises du millésime 2017 ?
GSB - Sur le plateau de Pomerol et son prolongement à Saint-Emilion, j’ai trouvé cela assez incroyable par rapport à l’attente que j’en avais. Vieux Château Certan m’a bluffé. Saint-Estèphe, Pauillac et Saint-Julien ont fait un sans faute. Ils ont eu des conditions climatiques fantastique, sans gel et sans pluie. C’est une année très aristocratique.

LFV - Qu’est-ce qui vous a déçu dans l’exercice de ces dégustations en primeur ?
GSB - Quand j’avais un doute sur un vin, je retournais déguster 8, 10 jours après. Cela est un peu ridicule de déguster à ce moment-là, c’est toujours trop tôt. C’est comme un nouveau-né : les parents trouvent que leur enfant est le plus beau et si les amis partagent leur joie, ils pensent rarement la même chose ! Pour le vin, c’est pareil.


avis-vin.lefigaro.fr


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Messagepar Lalex » Jeu 17 Mai 2018 13:26

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Comment François Pinault a supplanté le Chinois Jack Ma pour racheter le Clos de Tart en Bourgogne
Son offre était pourtant moins élevée que celle du fondateur d’Alibaba. Mais le milliardaire breton François Pinault, en jouant habilement sur ses réseaux et sur la dimension patriotique du dossier, a finalement réussi à s’offrir l’un des plus fameux domaines de Bourgogne, qui est ainsi resté sous pavillon français. Récit.





Lorsqu’il pénètre ce jour-là dans la somptueuse salle du restaurant Le Cinq, l’une de ses tables fétiches à Paris, à deux pas des Champs Élysées, François Pinault n’avait jamais entendu parler du Clos de Tart. Nous sommes à l’été 2017 et le milliardaire breton vient déjeuner avec l’une de ses relations d’affaires. Justement, son invité est déjà là, qui discute de façon animée avec le directeur du restaurant, le sommelier et fin connaisseur Éric Beaumard. Pinault salue les deux hommes : "De quoi parliez-vous donc ?" "Du Clos de Tart Monsieur Pinault, la propriété est à vendre", répond Beaumard.

Le Clos de Tart ? Devant le sourcil interrogateur de François Pinault, Éric Beaumard se lance dans les explications. Propriété de la famille mâconnaise Mommessin depuis 1932, ce domaine d’un seul tenant de 7,53 hectares produit 30 000 bouteilles par an d’un vin rouge qui est le plus fameux de Morey Saint-Denis, dans la Côte de Nuits. Mais surtout, le Clos de Tart est à la fois un grand cru et un monopole. En clair, le domaine constitue une appellation à lui tout seul, ce qui est rarissime. C’est surtout l’exact pendant de l’autre clos fameux de l’appellation, le Clos des Lambrays, racheté en 2014 par le vieux rival du milliardaire breton, Bernard Arnault. "Et entre nous, Monsieur Pinault, des connaisseurs assurent que c’est encore meilleur que le Clos des Lambrays", ajoute, un brin malicieux, le directeur du Cinq.

Un monopole en Côte de Nuits, face au clos des Lambrays ? Bien que davantage porté sur les grands blancs bourguignons, Pinault est intrigué. Il faut dire que depuis 1993, il s’est constitué un joli portefeuille de domaines viticoles : outre le fabuleux château Latour à Pauillac, il est propriétaire de Vray Croix de Gay à Pomerol, du château Le Prieuré à Saint-Émilion, du domaine d'Eugénie en Bourgogne, de trois ouvrées (0,129 hectare) des rarissimes Bâtard et surtout Puligny-Montrachet, du très coté château-Grillet, autre "monopole" fameux de la vallée du Rhône et enfin du domaine Araujo en Californie. François Pinault a l’habitude de décider vite. Il sait aussi que plus son portefeuille de grands domaines sera étoffé, plus ses investissements seront valorisés. Deux jours plus tard, Frédéric Engerer, le tout puissant patron des domaines viticoles de la famille Pinault, appelle Éric Beaumard : "Éric, je me suis fait gronder par Monsieur Pinault. Il m’a demandé pourquoi je ne lui avais pas parlé plus tôt du Clos de Tart !".

CLOS DE TART : CINQ ACHETEURS SUR LES RANGS

Il reste à enlever l’affaire. Le dossier est porté par la Compagnie financière Edmond de Rothschild, la fameuse banque de Genève. Au siège parisien de la banque, au 47, rue du Faubourg Saint-Honoré, une équipe de très bons professionnels pilotent les transactions viticoles : François Des Robert, au carnet d’adresses proverbial, identifie vendeurs et acheteurs de domaines tout au long de l'année. À ses côtés, Philippe Duval et Philippe Flament rentrent dans le détail des contrats. François Pinault découvre très vite que plusieurs acquéreurs sont sur les rangs : le groupe champenois Roederer de Frédéric Rouzaud, la famille Dassault, propriétaire du Figaro et du château Dassault à Saint-Émilion et le club de collectionneurs de grands vins Ficofi qui, basé à Singapour, dispose d’un fabuleux réseau de clients ultra-riches dans toute l’Asie. Une concurrence sérieuse mais à la portée du propriétaire du groupe de luxe Kering.

François Pinault ne tarde pas à faire connaître son intérêt, mais il y a un hic : un cinquième investisseur, un riche Chinois, fait systématiquement monter les enchères. Son identité ne tarde pas à être dévoilée : il s’agit de Jack Ma, le très médiatique propriétaire d’Alibaba, ni plus ni moins que l’Amazone chinois. Or, déjà à la tête d’une demi-douzaine de châteaux bordelais et surtout d’une fortune estimée à 41,4 milliards de dollars, Jack Ma, qui s'intéresse de plus en plus au vin, pèse sept milliards de plus que François Pinault. Et l’écart de fortune entre les deux hommes augmente chaque année… Autant dire que la partie s’annonce compliquée.

Heureusement, François Pinault compte deux atouts dans son jeu : ses réseaux à Paris et la dimension patriotique contenue dans le dossier. Pinault sait très bien que voir le Clos de Tart passer sous pavillon chinois provoquerait à coup sûr une immense émotion, pour ne pas dire un traumatisme en Bourgogne et dans tout le vignoble français. Du reste, l’homme d’affaires ne dédaigne pas se poser en protecteur de la Bretagne, bien sûr, mais aussi, et de plus en plus, du rayonnement culturel de la France : n’est-il pas en train de faire rénover à grand frais l’ancienne Bourse de Commerce de Paris, à deux pas du Louvre, pour y exposer les chefs d’œuvre de sa collection d’art contemporain ? "Monsieur Pinault veut laisser la marque d’un homme qui a fait rayonner la France, il a un discours fort là-dessus", témoigne un proche. Peut-être aussi a-t-il compris que vu l’augmentation exponentielle du nombre des ultra-riches sur la planète, c’est justement cette étiquette de protecteur de la France qui le met le mieux en valeur et le distingue de ses concurrents.

ROTHSCHILD CONTRE ROTHSCHILD

Le premier objectif du milliardaire breton va être d’inciter la Compagnie financière Edmond de Rothschild à cesser de faire monter les enchères. Pour cela, il commence par appeler l’un de ses plus proches amis dans le milieu de la haute finance parisienne : François Henrot. À 68 ans, Henrot est le plus puissant des associés de la banque Rothschild, établissement parisien relevé avec brio par David de Rothschild, fils du baron Guy, une autre branche des Rothschild.

À son ami Henrot, le propriétaire d’Artémis explique la situation. Et il lui demande un petit service : appeler la Compagnie financière pour faire passer un message : est-il vraiment judicieux de laisser un Chinois faire grimper les enchères pour s’octroyer un emblématique domaine bourguignon ? Or, Henrot est prêt à faire beaucoup de choses pour Pinault, sauf une : passer ce coup de fil. En effet, les deux établissements Rothschild sont à couteaux tirés depuis que David de Rothschild a entrepris de rebaptiser sa banque Rothschild & Co, ce que contestent absolument ses cousins Benjamin et Ariane de Rothschild, patrons de la Compagnie financière, qui voient là un accaparement du plus célèbre des noms de la finance mondiale. Pas question donc pour Henrot de s’abaisser à demander un service aux adversaires de David de Rothschild.

L'ÉLYSÉE ET BERCY À LA RESCOUSSE

Et en même temps, le banquier ne peut pas laisser en rade un allié aussi précieux que François Pinault, un ami ! Henrot propose donc au milliardaire breton de l’aider, mais d’une autre façon : en appelant Alexis Kohler et Bruno Lemaire. Le premier est secrétaire général de l’Élysée, autrement dit le plus proche collaborateur d’Emmanuel Macron. Le second est le ministre de l’Économie et des Finances, à ce titre concerné au premier chef par la défense des pépites industrielles, commerciales et patrimoniales françaises ballotées dans le grand maelström de la mondialisation.

Ce qui fut dit fut fait. Que se passa-t-il exactement ensuite ? Kohler et Lemaire ne restèrent pas indifférents aux arguments présentés par Henrot. Ils se montrèrent sensibles aux ambitions de Pinault. Des coups de fils furent donnés dans la foulée, directement à la famille vendeuse, les Momessin. Comme toute famille aux branches et ramifications multiples engagée dans une succession délicate, comme jadis les Lur Saluces (Yquem) ou les Fourcaud Laussac (Cheval Blanc), les Momessin avaient de nombreux dossiers sensibles à régler entre eux, mais aussi et surtout avec l’administration fiscale.

Les coups de fil de Bercy et de l'Élysée ont vite convaincu la famille qu’il était dans son intérêt de saisir l’offre de François Pinault et d’ignorer la surenchère du Chinois Jack Ma. Et c’est ainsi que le Clos de Tart est resté sous pavillon français, cédé le 27 octobre dernier pour une somme pharaonique, près de 220 millions d’euros dit-on. À près de 30 millions d’euros l’hectare de vigne, c’est désormais le domaine le plus cher du monde. Jusqu’à la prochaine grosse acquisition en Bourgogne ou à Bordeaux, qui ne saurait tarder.

Par Denis Saverot


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