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La filière viticole pourrait faire de la prévention santé ?

Messagepar JP Nieudan » Sam 3 Fév 2018 03:57

Les acteurs de la filière viticole pourraient bientôt faire de la prévention sur la consommation d’alcool. C’est en tout cas le souhait du président de la République, Emmanuel Macron. Une perspective qui fait bondir les associations de prévention en alcoologie et addictologie. De son côté, l’Elysée a dit à LCI n’y voir aucun problème.

Les relations plutôt froides entre les responsables de la filière viticole et le gouvernement sont en passe de se réchauffer. En effet, ces derniers auraient obtenu du chef de l’Etat de nombreuses garanties, notamment celle de devenir des acteurs de prévention.

Les crispations venaient du fait que les responsables de la filière viticole n’avaient pas apprécié que la Stratégie nationale de santé 2018-2022 publié au mois de décembre dernier classe l’alcool - et donc le vin - au même niveau que les "substances psychoactives licites ou illicites". Car si le monde du vin est conscient que la consommation excessive est dangereuse, elle veut aussi insister sur le fait qu’une consommation équilibrée et raisonnable - de un à deux verres de vin par jour ! - peut être bénéfique. Alors pour essayer de se faire entendre, des représentants de la filière avaient rencontré les conseillères du président de la République en charge de l’agriculture et de la santé Audrey Bourolleau et Marie Fontanel, comme l’indique le site Vitisphere.https://www.vitisphere.com/actualite-86 ... ublics.htm

Et il semblerait que cette rencontre ait porté ses fruits. Selon un article du même site daté du 30 janvier https://www.vitisphere.com/actualite-86 ... nement.htm et un communiqué de l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (ANPAA) http://www.anpaa.asso.fr/presse/espace- ... ique-sante envoyé ce vendredi 2 février, le président de la République a envoyé un courrier rassurant à la filière viticole. Jean-Marie Barillère, président du Comité National des Interprofessions des Vins (CNIV) le résume : "Il sépare bien les consommations excessives et raisonnables et nous propose de participer à une politique de prévention. Ce sont deux points majeurs, que nous n’avions jamais obtenu précédemment". "Cette ouverture est inédite, elle nous donne la capacité de travailler avec le ministère de la Santé et de dialoguer avec des organismes qui ne le voulaient pas jusqu’à présent", a-t-il ajouté.

Des producteurs de vin peuvent-ils être objectifs sur les effets de l'alcool sur la santé ?

C’est précisément ce qui choque les associations de prévention. "Si nous ne remettons pas en cause le droit des producteurs d’alcool à faire valoir leurs arguments sur leur situation économique ou les normes de production, nous alertons sur le danger d’en faire des acteurs de prévention. En effet, de par leurs intérêts, ils ne peuvent avoir à cœur de dire toute la vérité sur les risques liés à la consommation d’alcool", précise le communiqué de l’ANPAA. Une inquiètude qui peut être entendue lorsqu'on sait que la filière viticole trouve bon pour la santé de boire un à deux verres de vin par jour, comme écrit un peu plus haut.

L'ANPAA s’inquiète également du souhait de la filière viticole de mettre en place des e-étiquettes pour informer les consommateurs des risques et distiller des messages de consommation responsable. "Malgré l’usage répandu des nouvelles technologies, les consommateurs utilisent rarement les informations disponibles ailleurs que sur l’étiquette : selon une étude RAHRA de l’Union européenne, seulement 24,7% des personnes interrogées déclarent rechercher en ligne des informations sur les ingrédients ou additifs de leurs boissons alcoolisées", écrit-elle.

Interrogée par LCI, l’Elysée ne voit pas de problème à impliquer la filière viticole dans la prévention. "Il est normal que l’ensemble des acteurs du secteur soient impliqués, il est normal que la filière du vin soit consultée par le ministère de la Santé et que leur expertise soit prise en compte. Personne n’a le monopole de la prévention.

Un conflit d'intérêt ?

Mais cette volonté présidentielle d’inclure la filière viticole dans la prévention pose aussi la question d’un éventuel conflit d’intérêts. C’est en tout cas ce que dénoncent les associations de prévention. Elles estiment que ces avancées ont été possibles grâce à l’action d’Audrey Bourolleau, la conseillère du président qui avait reçu les responsables de la filière viticole, et ancienne déléguée générale de Vin et Société, une instance de lobbying du vin. Dans un entretien publié sur le site Vin et Société, elle avait notamment dénoncé le fait "qu’une partie des pouvoirs publics" présente le vin "comme une simple molécule d’alcool préjudiciable à la santé". Mais là encore, l’Elysée a nié tout conflit d’intérêts et déclaré à LCI : "Audrey Bourolleau est comme l’ensemble des conseillers, elle met en œuvre les engagements présidentiels au service de l’intérêt général".

Source : Justine Faure pour LCI https://www.lci.fr/politique/emmanuel-m ... 77680.html
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JP Nieudan
 
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