Dans lignée des millésimes historiques en 9 : il était une fois 1899, 1929, 1949, 1959 et 2009 !
"Chez de nombreux vins du Médoc et des Graves, 2009 pourrait devenir le meilleur millésime que j’ai goûté ces 32 dernières années à Bordeaux", confit Robert Parker.
"La réussite des Bordeaux 2009 n'est pas aussi homogène qu'en 2005, mais les réussite de 2009 deviendront historiques."
"2009 est notamment le plus grand millésime dans le Médoc et les Graves, où il éclipse souvent les 2005 et 2000, en revanche, 2005 reste le millésime de référence pour Saint-Emilion et Pomerol, bien qu’il y ait des exceptions et des vins extraordinaires aussi."
CLIMAT PARFAIT
Si l’on rappelle les 5 conditions climatiques idéales, établies par le Professeur Denis Dubourdieu pour produire de grands vins rouges, 2009 les satisfait toutes !
1 – une floraison précoce au début du mis de juin ; 2 - un état sanitaire et homogène des fruits ce qui suppose un temps relativement sec, chaud, et ensoleillé ; 3 - la véraison, moment où les grappes deviennent rouges, doit se dérouler le plus tôt possible ; 4 - les grappes doivent mûrir entièrement ce qui suppose un temps chaud avec juste assez de pluie en août et septembre pour éviter que la photosynthèse s’arrête et stresse la vigne ; 5 - Septembre et Octobre doivent être généralement secs, ensoleillés, et chauds sans pointe de chaleur.
MATURITES SANS PRECEDENT
Dans le Médoc, le cabernet sauvignon a atteint une maturité sans précédent, grâce au fait que la vigne n’a pas souffert de sécheresse comme en 2005. En 2009, le Cabernet Sauvignon (récolté dans les 2 premières semaines d’octobre) a, de plus, profité d’un mois d’Octobre plus frais, plus sec qu’en 2005.
Au moment vendanges, les baies de Cabernet sauvignon et Merlot possédaient des taux de concentration en sucre impressionnants, ce qui donne aujourd’hui ces taux d’alcool de 13 à 14 degrés pour la plupart de Graves et Médocs et entre 14 et 15 degrés pour Saint-Emilion et Pomerol.
MEDOCS HISTORIQUES
"Je n’ai jamais dégusté de Médocs aussi concentrés et puissants", mais les rapports d’alcool excessif sont absurdes, car si les taux d’alcool sont plus hauts qu’en 2005, 2003, ou 2000, une fois assemblés, les Bordeaux 2009 devaient varier de 13.3% à 13.8%. De plus, 2009 affiche un taux d’acidité similaire à 2005. A travers le Médoc, les Graves et dans une certaines mesure à Pomerol, mais pas à Saint-Emilion, les vins révèlent une fraîcheur et une précision extraordinaires.
La maturité des tanins (polyphénols) est plus importante également en 2009 qu’en 2005. Dans le Médoc, ce sont de nouveaux records dans les châteaux ! La douceur des tanins est visible, l’un des traits de ce millésime étant l’opulence, la volupté et « le gras succulent » des textures. "Je pense tout simplement qu’en 2009, les Médoc et les Grave sont à leur paroxysme !"
GENIE DES BORDEAUX 2009
Il y a quelque chose de paradoxal avec les Bordeaux 2009 : leurs textures rappellent celle des 1959, 1982 et 1990, et pour le Médoc celles des 2003. Mais les 2009 sont aussi des vins structurés, avec des taux d’acidité et une précision rappelant les millésimes 1986, 1996 et 2000.
C’est ici le génie et la gloire des 2009 : aussi volumineux et plein d’alcool qu'ils soient, ce sont également des vins délicats, frais et très pur.
Ce paradoxe - ce merveilleux paradoxe ! – est pour moi sans précédent si je regarde les 30 dernières années.
Source : The Wine Advocate, "Once Upon a Time (1899, 1929, 1949, 1959, 2009)" par Robert Parker, le 27/04/2010.