J e n'ai rien d'un Parker ou d'un Bettane mais j'ai eu l'opportunité cette année encore de gouter les vins en primeur.
Je vais donc en profiter pour vous glisser quelques impressions avant de compiler mes notes de dégustations pour les placer dans leurs rubriques respectives.
Venant derrière 2010 et 2009, ces 2011 nous ramènent dans un monde plus classique, moins enjôleur à ce stade.
beaucoup de vins sont très tanniques avec parfois des tannins même sévères, les amertumes peuvent être assez fortes même pour quelqu'un qui y trouve un intérêt pour rehausser les vins.
Je me souviens d'une discussion il y a quelques mois avec Pierre Bernault qui me disait alors que la période de grosse chaleur de fin juin avait bloqué le cycle de la plante et précisait qu'il faudrait trier les baies qui auraient du mal à s'en remettre sous peine de retrouver dans les vins des duretés marquées. Nous en avions alors discuté devant sa somptueuse table de tri qu'il venait de s'offrir en prévision des vendanges à venir. Pour avoir gouté ses vins, il s'en est bien servi de sa table et pour avoir gouté beaucoup d'autres domaines, d'autres auraient du s'équiper.
Maintenant, si on se place dans une logique d'acheteur, ce sera une année facile! D'un style classique qui aura besoin d'élevages longs pour enrober les tannins, dans un style que je rapprocherais de 2008, il offre pour l'acheteur une caractéristique assez facile...:
Les grands terroirs sont devant les autres
Les 1er GCC sont devant les seconds, etc...
Les riches ont fait bon, parfois même très bon et je n'ai pas pu trouver de jours de congés pour aller sur place et prendre rdv chez les Premiers. J'ai gouté ces primeurs avec des copains cavistes qui avaient le temps et me précisaient que Margaux, Haut Brion, Cheval Blanc étaient superbes et pour les blancs un très grand Mission Haut-Brion. (et ils n'avaient pas encore fini leur tournée de rdv!)
mes chouchous:
Les Sauternes, magnifiques comme depuis un certain temps les années impaires

comme souvent, Fargues à survolé la présentation!
par rapport aux années précédentes, le soucis n'était pas d'avoir une belle liqueur mais de conserver de la fraicheur en cette année où les concentration étaient importantes avec un beaucoup de botrytis. il fallait judicieusement mêler des raisins atteints de pourriture noble avec des baies dorées apportant une belle fraicheur, ce qu'on su faire avec bonheur les meilleurs
En rive droite, Beausejour Duffau Lagarosse, Pavie-Macquin, La Mondotte, Gracia, étaient devant, tout ceci bien sûr sur les échantillons que j'ai goûté et l'on sait que ces échantillons sont parfois capricieux. L’appellation Pomerol pour le vins que j'ai pu déguster m'a semblé d'un niveau qualitatif très intéressant et assez homogène, avec une jolie finesse et ce, bien que je n'ai pas eu accès aux grands.
La rive gauche était moins jouissive à gouter avec pas mal d'hétérogénéité, des St Julien que j'ai trouvé pour certains très tanniques et très extraits, qui demanderont du temps, des Margaux TRES hétérogènes, des Médoc/Haut-Médoc difficiles pour nombre de ceux présentés à l'UGC!
maintenant, pour ce millésime classique nécessitant de la garde pour fondre ses tannins et la patience que les grands terroirs bordelais requièrent, au souvenir de mon âge qui avance, si la baisse sur les grands n'atteint pas 30 à 50% comparé à 2010, je vais passer mon tour
Commentaires pour très bientôt
Vincent