Il est des millésimes dans lesquels il ne faut pas se priver. Deux mille quatorze devrait en être. En tous cas en Bourgogne, il est bien parti pour faire partie des millésimes de légende en blanc.
Nicolas Maillet Mâcon Verzé Le Chemin Blanc 2014
Sur les fleurs blanches et les agrumes, salin en bouche, il est le plus décontenançant de la série car il ne voit pas le bois. Il est le plus original dans le sens du plus éloigné des standards du blanc bourguignon classique. Il est aussi celui qui a la plus grande persistance aromatique des quatre. Suis très curieux de voir comment il va évoluer dans les prochaines années (je n’ai pas de doute, juste une absence de repère).
Domaine Barraud Pouilly-Fuissé Alliance 2014
Il est à l’opposé de précédent. Il répond à une définition plus classique du blanc de bourguignon. L’élevage en fût est présent et se sent en bouche sans pour autant être trop prégnant. Cela n’empêche pas les notes d’agrumes et une touche de minéral. Si j’en crois mes papilles, il est le plus salin en bouche. On se régale déjà .
Domaine Guillot-Broux Mâcon-Chardonnay Les Combettes 2014
Goûté sur fût l’été dernier, j’avais eu un coup de cœur. Il est aujourd’hui un peu moins causant. Il n’en demeure pas moins un blanc prometteur. Probablement celui des quatre dont le fruit est le plus mûr. L’élevage lui donne une certaine rondeur qui plait. Probablement celui qui va le plus développer des notes de miel dans les deux ou trois prochaines années. Il est aussi celui dont la robe tend le plus vers l’or.
Domaine des Héritiers du Comte Lafon Mâcon-Milly-Lamartine Clos du Four 2014
Sa robe est nettement plus pâle que le précédent. Le nez est marqué par des odeurs d’allumette (mais pas de celles qui pourraient nous faire croire que le domaine a eu la main leste au moment de la mise en bouteille). C’est un vin plus en longueur que le précédent. L’acidité est plus présente et emmène le dégustateur vers des notes de pamplemousse. Ses fines notes minérales invitent à la garde, mais il faut l’avouer on se régale déjà à condition de l’aérer. Aucune trace d’élevage en bouche (je ne sais plus s’il est élevé en foudre ou demi-muid, mais clairement un grand contenant de faible influence boisée). Dommage que l’on n’ait pas un chouïa plus de corps car ce vin pourrait rivaliser avec de bons 1ers crus de la côte de Beaune le cas échéant.
Bref, on tient là quatre vins qui enchantent et comblent les palais d’amateurs de blancs bourguignons. A chacun de trouver le profil de vin qui conviendra le plus à ses papilles ou à un plat donné. Dans tous les cas, ils sont très bons et tutoient parfois l’excellence pour des prix encore à peu près raisonnables (grosso modo entre 18 et 24€). J’adorerais refaire cette dégustation d’ici deux ou trois ans.